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Abattoir du Vigan : la vidéo de trop

Elevage
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24 févier 11H14

Abattoir bio du Vigan - méthodes d'abattage sadiques

 

 

 

Stupéfaction, horreur, cruauté insoutenable : les mots ne sont pas assez forts pour qualifier les réactions à la diffusion de la vidéo choc publiée sur le site de l’association de défense des animaux L214, hier matin, sur des images prises entre juin 2015 et janvier 2016 à l’abattoir inter-communal du Vigan (84).

 

 

 

On y voit des animaux égorgés alors qu’ils n’ont pas été étourdis auparavant, des moutons et des porcs violemment maltraités, des outils électriques qui ne fonctionnent pas, prolongeant les souffrances des bêtes, des employés qui rient des sévices qu’ils infligent par pur plaisir à des animaux sur le point de mourir.  On vous prévient si vous ne l’avez pas encore vue, cette vidéo de 4:35 minutes est difficile à visionner jusqu’au bout.

La stupéfaction est d’autant plus grande que tout le monde pensait que les mesures correctrices avaient été prises à la suite d’une vidéo similaire prises dans l’abattoir d’Ales (même département du Gard),  en octobre dernier.  Autre motif d’incompréhension du grand public : c’est un abattoir local (rayonnement 100 km) qui traite de la viande bio.  Beaucoup de consommateurs pensaient - à tort - que ce label offrirait quelques garanties supplémentaires pour le bien-être des animaux (il n’existe pas – encore – de label sur les conditions d’abattage).

L’intervention extrêmement ferme de Stéphane Le Foll sur les ondes de RTL mardi matin ne suffira sans doute pas à désamorcer l’immense retentissement dans l’opinion via les réseaux sociaux, et via des pétitions qui circulent pour ordonner une commission d’enquête sur les conditions d’abattage en France, les mesures de contrôle et de sanction des infractions, qui ne sont manifestement pas assez efficaces.

Trop c’est trop !

La réaction de Brigitte Bardot a également été rapide et cinglante: elle a qualifié le ministre de l’Agri-qui-tue ! - rendant Stéphane Le Foll personnellement responsable de l’inaction des pouvoirs publics en matière de contrôle et de sanction. 

 

Abattoir bio du Vigan - méthodes d'abattage sadiques

 

Le ministre avait ordonné la fermeture à titre conservatoire de l’abattoir d’Ales, et a mis en place un plan d’action en demandant aux préfets de réaliser des contrôles plus systématiques et de prendre des mesures de préventions de tout acte de maltraitance lors de l’abattage. 

Ce n’est pourtant pas la première fois que des dysfonctionnements ont été constatés.  Un Rapport de septembre dernier de l’Office Alimentaire et Vétérinaire faisait état de manquements divers constatés dans certains des 263 abattoirs français : problèmes d’étourdissement, reprise de conscience des animaux, matériel non adapté…

A la suite de cette nouvelle affaire du Vigan, le parquet a très rapidement à la plainte déposée par L214 en ouvrant  une enquête préliminaire.  L'enquête sera menée par la brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, en co-saisine avec la brigade des recherches de la gendarmerie du Vigan.  L’abattoir a été fermé à titre conservatoire.

Cela n’augure rien de bon à quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, et en pleine crise de l’élevage, sans compter que la vidéo est déjà diffusée sur les réseaux sociaux du monde entier.  L214 a bien choisi son moment pour lancer son plan média. On peut d’ailleurs se demander pourquoi l’association a attendu près de 9 mois pour dénoncer des pratiques inacceptables, si ce n’est précisément pour cette raison.

Des milliers de consommateurs vont se détourner des produits carnés. Probablement quelques semaines le temps que l’émotion retombe, et à condition que des mesures fortes soient prises.  Mais d’autres consommateurs n’y reviendront plus, l’écœurement aura fait son œuvre, et le lobby anti-viande aura gagné des points, sur des considérations qui n’ont rien à voir avec les arguments nutritionnels ou écologiques habituellement avancés.

 

Le rôle des vétérinaires

La présence d’un  vétérinaire est aujourd’hui obligatoire dans les abattoirs.  Ils ont une mission sanitaire (qualité de la viande) mais doivent également s’assurer que les conditions d’abattage respectent autant que possible le bien-être des animaux.  Sont-ils toujours présents sur le poste de mise à mort des animaux, qui est le point névralgique de l’abattoir ?  Il est sans doute compliqué de demander à des vétérinaires de voir en permanence des animaux tués à la chaîne. Une infraction doit être sanctionnée par un arrêt de la chaîne d’abattage, pour la remettre aux normes.  Ne faudrait-il pas confier cette lourde responsabilité à une personne extérieure à l’abattoir ? 

 

Restaurer la confiance

Il existe déjà des règles strictes et précises pour le contrôle des chaînes d’abattage, tant au niveau européen que pour leur application française.  L’Etat dans sa mission régalienne, doit contrôler l’application de ces règles.  Les sanctions administratives et pénales doivent être appliquées sans complaisance, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent, et ce n’est pas tolérable.

Les associations demandent la mise en place de caméra de vidéo-suveillance. Il faudra sans doute passer par cette étape pour restaurer la confiance, en confiant la mise en place et le contrôle aux services de l’Etat, qui devra en rendre compte aux citoyens.

C’est toute la filière qui est aujourd’hui pénalisée par ces pratiques honteuses d’un autre temps, Les abattoirs qui se sont mis aux normes sont les victimes de la pratique déshonorante de certains établissements, et toute la chaine de distribution de la viande (grossistes, boucherie, produits alimentaires). 

Mais ce sont les dizaines de milliers d’éleveurs auxquels nous pensons tout particulièrement en cette veille du Salon de l’Agriculture.  Ils seront une nouvelle fois les premières victimes de ce scandale.  Nos éleveurs n’avaient vraiment pas besoin de cela.  Il est indispensable de  crédibiliser ce dernier maillon de la chaîne.

 


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