Vous êtes ici

Moins de blessures pour tous : l’écornage des veaux

Elevage
print printmail
Partager cet article :

 

Pourquoi écorner les veaux ?

A moins d’élever une race acère (sans corne), comme la black ou Aberdeen Angus, la Galloway, ou par croisement, comme la charolaise du Quebec, les veaux de nos contrées naissent avec des cornes. Le choix d’écorner ou non les animaux est laissé aux éleveurs, et l’écornage est désormais une pratique courante dans les élevages laitiers.  

 

L’écornage est encore parfois considéré comme une pratique cruelle, et c’est certainement vrai lorsque l’opération est réalisée dans de mauvaises conditions. Mais lorsqu’elle est réalisée dans les règles de l’art, il vaut sans doute mieux miser sur une douleur passagère et quelques effets secondaires, pour une sécurité à long terme, plutôt que de prendre le risque qu’un accident plus grave arrive lorsque les cornes ont totalement poussé.  

 

L’écornage comporte de nombreux avantages, dont nous avons dressé une liste non exhaustive :

  • Ecorner les veaux jeunes (avant deux mois, car c’est l’âge où les cornes se soudent à l’os frontal du crâne) évite de nombreux désagréments : s’ils sont écornés lorsqu’ils sont plus âgés, les veaux risquent de souffrir d’avantage et de contracter des maladies, parfois mortelles.
  • Avec leurs cornes, les veaux risquent de se blesser eux-mêmes, ou de blesser un autre membre du troupeau (notamment à la mangeoire), voire d’autres animaux de l’exploitation (cheval, chien…).  Il y a également des risques pour l’éleveur de se faire encorner.
  • Une bête à cornes prend plus de place, elle est plus « encombrante » et nécessite des infrastructures adaptées. L’absence de cornes rend plus facile l'utilisation des installations de contention.
  • Un veau écorné se vend généralement plus cher. Il y a très peu d’éleveurs qui achètent pour le même prix des veaux préconditionnés (c’est-à-dire castrés et écornés) et non préconditionnés.

 

A quel âge écorner ?

Si l’écornage est désormais une pratique répandue, elle n’en reste pas moins un peu risquée.  Ainsi, il vaut mieux écorner le veau alors qu’il est jeune (avant huit semaines), pour éviter les complications suite à l’opération et réduire les risques pour l'éleveur.  Par ailleurs, les veaux écornés à un âge avancé ont plus de risque de maladie ou de décès.  De plus, ils risquent de moins s’engraisser et de perdre en productivité dans les semaines qui suivent l’écornage.

 

Il vaut donc mieux écorner les veaux le plus tôt possible, car après huit semaines, l’écornage nécessite l’ouverture du sinus à l’intérieur du crâne, ce qui augmente le risque d’infections graves.  Outre cela, les techniques sont plus simples pour l'opérateur, les jeunes veaux sont moins stressés, se remettent plus rapidement et présentent moins de complications.

 

En France,l’écornage des veaux âgés de plus de quatre semaines est interdit, sauf si une anesthésie locale est appliquée par un vétérinaire.  L’absence d’anesthésie au-delà de quatre semaines est formellement interdite, car c’est une pratique cruelle.

 

A quelle période ?

L'été et l'automne sont des saisons peu propices à l’écornage, en raison des mouches, dont la présence augmente le risque d'infections. Ainsi, on préfèrera écorner tôt au printemps, tard à l'automne ou pendant l'hiver.

 

Il existe des moments où il est facile d’enlever les cornes du veau :

  • Le jour de sa naissance, la pose d'une étiquette d'oreille et l'injection de vitamine E et de sélénium nécessitent de l’immobiliser, ce qui peut permettre, dans le même temps, de lui retirer le cornillon.
  • Si on souhaite le faire un peu plus tard, il est également possible d’écorner le veau avant de l’envoyer brouter l'herbe avec sa mère, et en profiter dans le même temps pour lui inoculer la deuxième injection de vitamine E et de sélénium.
  • On peut aussi déterminer un jour pendant la saison de vêlage pour écorner tous les veaux nés dans la semaine, afin de prendre moins de temps.

 

Deux techniques d’écornage

Il existe deux méthodes pour obtenir des animaux sans cornes.  Il est important de noter que si ces techniques sont mal exécutées, il est probable qu’elles soient inefficaces.  Outre l’efficience de l’opération, chaque exploitant doit veiller à ce que l'écornage se fasse sans cruauté et en toute sécurité pour les veaux sous leur responsabilité.

  • L’écornage chimique permet d’enlever la corne en déposant une pâte sur les tissus qui produisent la corne.  Cette opération demande beaucoup d’attention et de minutie.  Pour manier cette pâte, il faut porter des gants, éviter le contact avec les yeux (ceux du veau et de celui qui mène l’opération) et le faire par temps sec, dans les premiers jours qui suivent la naissance.  Il est également nécessaire d’éloigner le veau de sa mère pendant au moins quatre heures, de manière à ce qu’il ne vienne pas se frotter à elle, ce qui occasionnerait des brûlures.  On peut également coller un morceau de ruban à conduits sur chacun des cornillons pour éviter que le produit ne brûle la vache.  C’est une méthode douloureuse sans anesthésie, l’administration d'un analgésique est donc nécessaire.  Il faut également faire attention, car une mauvaise utilisation de la technique peut laisser des rudiments de cornes ou ne pas empêcher les cornes de pousser.  Néanmoins, cette méthode n’occasionne pas de saignements et s’utilise en toute saison.
  • L’écornage au fer chaud (électrique ou gaz) doit être réalisé avant que le cornillon ne soit sorti (le veau doit être âgé de moins de douze semaines).  Cette méthode vise à couper l’alimentation des veines périphériques qui alimentent le cornillon. Elle nécessite une expertise pour maîtriser la douleur et appliquer la chaleur.  Il existe différents types de fers à écorner, de plusieurs tailles (il faut que le fer encercle complètement la base de la corne). Comme l’écornage chimique, le fer ne provoque pas de saignements et peut se faire à toutes les périodes de l’année.

Il est indispensable de se munir d’une cage à veaux pour cette opération, afin d’immobiliser totalement l’animal et intervenir en toute sécurité. On peut également tondre les poils autour du cornillon, afin de bien voir ce dernier.

N’oubliez pas d’appliquer un spray désinfectant pour éviter les infections et les inflammations.

 

Certaines maladies (comme le virus de la leucose bovine enzootique ou le virus responsable de la papillomatose) sont transmises d'un animal à l'autre par le matériel d'écornage contaminé avec du sang. Il faut donc impérativement désinfecter les ustensiles après utilisation.

 

Suivi post-opératoire des animaux

Après l’opération, n’oubliez pas le suivi du veau en recherchant des signes d’infection dans les 10 à 14 jours suivant l’opération.

Les plaies guérissent habituellement d'elles-mêmes sans traitement, mais il est souvent recommandé d'appliquer un répulsif à mouches et un enduit cicatrisant afin d’éviter les infections.

Si des veaux montrent des signes de douleur aigüe ou d'infection, il faut immédiatement appeler un vétérinaire.



Liens :
Agritourisme : prévenir les Risques d’infection et de blessure par les animaux
Stop patte : L’invention d’un éleveur normand pour se protéger des coups
Grippe aviaire : que faire pour endiguer durablement l’épizootie ?
Baisse des produits phytosanitaires en 2015

Lire les autres sujets

Tous vos EPI: masque phyto, gants... sur notre boutique !

Agrisur Boutique EPIAgrisur Bourique EPI

Quelques entreprises partenaires

;      Centre d'observation catastrophes naturelles

suivez-nous :      facebook                           Twitter

Abonner-vous : Flux RSS