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Les agriculteurs doivent-ils toujours craindre les saints de glace ?

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On peut se moquer des dictons d’autrefois, et du charme désuet de leurs rimes faciles. Ils demeurent cependant le témoin d’un temps où les moyens modernes agronomiques, techniques et de prévision météorologique rendaient les paysans encore plus vulnérables aux conditions climatiques. Au plus proche de la nature, très dépendant de leur environnement, les ancêtres des agriculteurs modernes étaient essentiellement guidés par leur instinct. Par l’observation transmise aux générations, les anciens étaient capables de prévoir le temps longtemps à l'avance. Il s’agissait d’éviter les foudres des éléments et pour déterminer les meilleures périodes de semailles, repiquage, plantation, taille et récoltes. 

Les dictons peuvent se tromper. Ils ne prétendent pas être une « vérité », mais plutôt une moyenne d’observations dans le temps, associée à des repères temporels, dont on savait que, « bon an mal an », les probabilités de survenance étaient plus élevées lorsqu’on rentrait dans la période annoncée. Même si les conditions climatiques ne sont plus les mêmes aujourd’hui, il y a certainement un fond de vérité dans ces  dictons, qui ont des enseignements à nous transmettre.

Qu’en est-il des « Saints de glace » dont nous avons tous entendus parler ?

Chaque année les 11, 12, 13 mai, les paysans imploraient Saint Mamert (aujourd’hui remplacé par Estelle), Saint Pancrace (remplacé par Saint Achille) et Saint Servais (remplacé par Sainte Rolande).  On peut y ajouter dans certaines régions Saint Boniface le 14 mai. 

Dans le régions plus méridionales, le risque de gelées tardives est plus tôt.  C’est ainsi qu’à Béziers, on craint saint Aphrodise (28 avril). Dans d’autres contrées, on invoque également "les saints Cavaliers" : Georges (23 avril), Marc (25 avril), et Eutrope (30 avril), et enfin Sainte Croix le 3 mai.

Dans les régions septentrionales ou de montagne, on invoque Saint-Urbain (25 mai). Au-delà de cette période, on considère généralement que les agriculteurs peuvent semer et planter sans craindre un coup de froid fatal. 

Les agriculteurs leur demandaient de protéger les plantations du gel qui pouvait survenir à cette époque. Les jeunes pousses et dans certains cas les récoltes pouvaient subir un gel destructeur survenant de manière plus ou moins brutale, plusieurs semaines après l’arrivée du printemps.

Dans cette période délicate fin avril/début mai, il y a encore un risque de gelées matinales, amenées par le passage de fronts froids en provenance des régions nord de l’Europe. Quand le ciel se dégage ensuite sous un anticyclone, la perte de chaleur peut être importante, surtout la nuit. Les hautes pressions atmosphériques et l’absence de vent accentuent le froid et le risque de gelée.

 

La dernière fois en 2010

La dernière année où le thermomètre est véritablement descendu en dessous de zéro, c’était en 2010. Au cours de cette année, il y a eu quelques gelées le 12, plus répandues le 13 en Normandie, puis vers les régions du Centre-Ouest au Nord les 14 et 15, avec un minimum de -3°C relevé à Flers dans l’Orne.

Plusieurs années, il a été fait référence aux saints de glace, alors que cela n’était pas vraiment justifié. Soit qu’il n’y a pas eu véritablement des gelées, soit que celles-ci ont eu lieu après cette période des saints de glace (entre le 14 et le 17 mai en 2014, et entre le 24 et le 27 mai en 2013).Troublant quand on sait que la réforme grégorienne du calendrier julien en 1582 a brutalement supprimé 10 jours, ce qui revient en pratique à repousser d’autant le calendrier. 

Les dictions météo nous amusent, mais certains contiennent une part de vérité, ancestrale, qu’il faut savoir écouter. Sur Agrisur.fr, vous trouverez tous les jours un dicton populaire, le plus souvent axé sur les conditions climatiques, et leur impact sur les cultures. 



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