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Pesticides : « Cash Investigation » ravive la polémique

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agriculture française et abus de pesticides

 

Diffusé le 2 février sur France 2, le documentaire réalisé et animé par Elise Lucet a alimenté la polémique sur l’usage abusif des pesticides dans l’agriculture française.

 

 

 

Il est vrai que les chiffres avancés sont effrayants : 60.000 tonnes de pesticides vendues chaque année en France, le premier pays européen par l’utilisation de produits phytosanitaires.  De nombreux résidus trouvés dans les cheveux d’habitants en zone rurale, un lien de plus en plus évident avec des  cas de cancers déclarés, notamment les cancers infantile, en augmentation de 1% chaque année depuis 30 ans.  Egalement mis en cause, le chlorpyriphos, un insecticide soupçonné d’entraîner de l’autisme chez les enfants. Même s’il y a rien de nouveau,  le téléspectateur non averti a dû se coucher avec un goût amer dans la bouche en se remémorant le contenu de son dernier diner.

 

 


Cash Investigation. La surprise d’Elise Lucet... par francetvinfo

 

Les journalistes ont diffusé une carte de France (voir illustration), et l’ont montré au Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, qui n’a pas été surpris des résultats.   Les départements les plus agricoles sont également ceux qui sont les plus affectés par cette concentration de pesticides dangereux.  Avec sur le podium les départements de la Gironde, la Loire Atlantique et l’Aube, trois départements viticoles, et ce n’est pas un hasard.

L’émission a également mis en évidence le rôle des lobbies des industriels du secteur agrochimique, très puissants compte tenu du chiffre d’affaires du secteur (50 milliards d’euros au niveau mondial) qui incitent les politiques et les agriculteurs à une augmentation des rendements, et qui conduit à une impasse économique.  On le voit avec la crise actuelle,  la France ne peut pas être en compétition avec des pays producteurs possédant des normes environnementales et sociales beaucoup moins exigeantes.

On peut regretter que le documentaire ne soit réalisé qu’à charge. Si les arguments développés sont justes, il aurait été équitable de mettre en évidence les efforts considérables réalisés par les agriculteurs depuis une quinzaine d’année pour réduire leur consommation de pesticides. Les molécules les plus dangereuses ont été retirées du marché, et la consommation a été réduite de 45% en 20 ans. Il est vrai que financièrement, les agriculteurs se passeraient bien de ces produits, qui alourdissent considérablement leur compte d’exploitation.

 

Les agriculteurs sont les premiers pénalisés et exposés aux produits phytosanitaires.  Ils le savent bien, et ils se protègent de plus en plus en portant des équipements de protection individuelle ou EPI (masque, gants, combinaisons) adaptés à l’utilisation de ces produits dangereux, et en entreposant et manipulant ces produits toxiques avec le plus grand soin.  Les pratiques ont beaucoup évoluées en matière de sécurité du travail.

Si la France est le premier utilisateur européen de produits phytosanitaires, c’est parce qu’elle est le premier producteur agricole sur le continent, mais elle n'occupe en fait que la septième position si on retient la notion de quantité par ha, plus significative pour une comparaison.  Et cela s’explique par la part prépondérante de la viticulture et des grandes cultures en France, qui sont nécessairement plus utilisatrices de pesticides que l’élevage hors sol par exemple, dont certains pays sont les champions.

La France a besoin d’une agriculture forte, et les agriculteurs ont bien compris que cela passait nécessairement par une agriculture respectueuse de l’environnement, de leur propre santé, et de celle des consommateurs.

Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, est allée dans ce sens en déclarant sur le micro de France Inter, dès le lendemain de l’émission, que la France a les moyens de devenir le premier pays producteur et consommateur de produits de substitutions aux pesticides qui ne portent pas atteinte à la santé publique.  Et de développer la production en bio, il n’est pas normal d’importer des produits qui sont par ailleurs cultivés en agriculture conventionnelle en France.   C’est ce défi qui doit être collectivement relevé, avec le soutien financier des pouvoirs publics pour aider les agriculteurs à remplir cette noble mission de nourrir les hommes en quantité et avec des produits sains.



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