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Catastrophes naturelles : le déni de réalité

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Cela ne peut pas m’atteindre

Alors que les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et violentes, certaines personnes habitant dans des zones exposées, ne prennent toujours pas des mesures de prévention afin de se préparer au pire. Cela correspond à un élément fondamental de psychologie humaine ; nous sous-estimons naturellement notre vulnérabilité face aux risques.

Dans son rapport « Risques naturels pris à la légère : Pourquoi les entreprises prennent des risques inconsidérés » publié par l’assureur FM Global, des experts en psychologie et préparation aux désastres citent la psychologie humaine comme raison principale du manque de préparation des individus et des entreprises. Ce manque de prévention correspond à un déni de réalité. La plupart des gens pensent que les pires catastrophes ne peuvent pas les affecter directement, et que si elles les touchent, leur impact en ce qui les concerne, sera minime.

Une enquête surprenante atteste de ce comportement humain. Elle a été réalisée auprès de 1100 américains habitant sur le Golfe du Mexique et en Floride. FM Global est parti du postulat qu’entre 1970 et 2008, parmi les 25 catastrophes les plus dommageables, toutes ont eu lieu après 1987, et les deux-tiers entre 2001 et 2008, soit en moyenne deux par an. La mémoire de ces catastrophes est donc « fraiche ». Et pourtant, l’enquête révèle que seulement 17% des personnes interrogées ont pris des mesures pour consolider leurs habitations. 

Ce comportement, également appelé « le sophisme du parieur » consiste à croire qu’on peut dégager une règle de ce qui s’est passé antérieurement, pour déterminer une occurence future, alors qu’il n’y a pas de lien entre les deux. Ainsi, un joueur qui tire cinq fois de suite « face », sera tenté de tirer « pile » la fois suivante, alors que la probabilité est demeurée strictement la même.  

Extrapolé au contexte de l’étude, si une catastrophe naturelle vient de survenir, pourquoi se protéger spécifiquement, alors que la probabilité d’une répétition est faible ?

Cette forme de pensée irrationnelle s’applique également aux entreprises et institutions. A titre d’exemple, la période qui a suivi le passage de l’ouragan Katrina en Louisiane, la catastrophe naturelle la plus coûteuse depuis que les statistiques US existent. En dépit des dégâts humains également très élevés (plus de 2000 morts), la Nouvelle-Orléans ne s’est toujours pas véritablement préparée à résister aux attaques d’un nouveau cyclone de même ampleur. Des mesures ont été prises, mais elles sont insuffisantes, et donc illusoires. A titre d’exemple, les règles de L’Agence fédérale des situations d'urgence concernant la construction de nouveaux bâtiments exige que dans certains quartiers, les maisons soient construites à un mètre au-dessus du sol, alors que le niveau de l’eau est monté à six mètres dans ces mêmes quartiers.  

 

Tant qu’on ne voit pas le risque, on ne le craint pas.

Paradoxalement, on n’agit pas de la même façon si, par chance, il n'est rien arrivé de grave lors des précédentes occurrences. On pense alors que « cela n’arrive qu’aux autres ». On a ainsi un réconfort, et une excuse facile pour ne pas affronter la réalité.

D’autres auront un comportement radicalement opposé.  Il suffit de constater que le taux de souscription de l’assurance grêle grimpe l’année suivante, dans les régions qui ont été particulièrement affectées.

On le voit, chacun réagit différemment face au risque, à la perception qu’on en a, et à sa propre expérience, qu’on a tous tendance à surestimer.

De toute évidence, plus le temps passe sans qu’un désastre ne soit survenu, plus le déni est grand. Lorsqu’une catastrophe se produit et ne cause que des dégâts minimes, les victimes ressentent un sentiment d’invincibilité, ce qui exacerbe les comportements à risque. 

Le Docteur Howard Kunreuther, spécialiste en psychologie et psychiatrie, postule que la plupart des gens nie ce qu’ils savent être vrai. L’homme a fondamentalement une capacité à se soucier en priorité à des préoccupations de court terme, qui procurent du plaisir. Il n’est donc pas psychologiquement programmé de considérer la possibilité de souffrir émotionnellement et financièrement, pour un événement dont l’échéance est incertaine.

Un tel comportement  ne permet pas de se préparer efficacement en amont des catastrophes naturelles et de prendre des mesures pour renforcer leurs protections.

 

L’assurance ne résout pas tout

Un autre facteur qui explique pourquoi beaucoup d’entreprises négligent  leurs protections, est la croyance erronée que l’assurance (ou les pouvoirs publics) les dédommagera.   

Bien entendu, l’assurance ne couvre pas tous les dommages. Outre les franchises et sinistres non couverts dans certaines circonstances, de nombreux postes de coûts ne sont jamais indemnisés, comme la désorganisation de l’entreprise, le temps perdu, les pertes de part de marché, la réputation entachée. 

Ainsi, il vaut mieux consacrer plus de temps et d’énergie à minimiser l’impact d’une catastrophe naturelle, plutôt que s’en remettre intégralement à son assureur. Il est préférable de s’être préparé  pour se protéger plutôt que de devoir faire face à des dégâts considérables.

 



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