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Comment protéger son exploitation agricole de l'inondation ?

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Madame Corinne Mentzelopoulos, propriétaire de Château Margaux, disait en 2007 : « Quand la Gironde sort de son lit, elle inonde tout sauf les vignes et les bâtiments.  Pourquoi à votre avis ?  Parce que des générations ont observé, réfléchi, et choisi de planter en conséquence ! ».

Les inondations ne font pas la différence entre petites et grandes exploitations agricoles, et tous doivent apprendre à se protéger, lorsque leur  terroir a le malheur d’être sur une zone inondable. 

 protéger son agriculture des inondations

Plan de secours

Si votre terrain est sujet aux inondations, il convient de se préparer à l’avance, et de mettre en place un dispositif durable pour limiter les dégâts commis par l’eau.

Pour être efficace immédiatement et ne pas se laisser surprendre, on peut élaborer un plan d’action pour les situations d’urgence.  Ce plan peut prévoir  la mise en place de zones plus élevées, naturellement ou non,  pour y placer les animaux ou les équipements sensibles de l’exploitation.

Quand la situation le permet, construisez un remblai (terre, couche de rochers) afin de protéger  contre les actions de l'eau les zones contenants du fumier ou des engrais par exemple.

 

Crue : que faire en urgence ?

Il est possible que des crues soudaines (« torrentielles ») envahissent l’exploitation, et on peut alors être pris par surprise. Il faut alors agir en urgence.

Les hommes

Il faut se préparer  à évacuer l’exploitation, sans vouloir rester à tout prix. Les caves sont particulièrement dangereuses durant les crues.  Prenez toutes les précautions en évacuant les employés lors de pluies d’une intensité ou durée exceptionnelles.

Les animaux

Pour ce qui est du bétail et des animaux, veillez à laisser les barrières ouvertes, pour qu’ils ne soient pas bloqués dans un champ inondé.  Si possible, conduisez-les hors des zones avec des retenues d’eau : les animaux de pâture savent généralement bien nager, mais ils rencontrent des difficultés avec les barrières et autres obstacles.  De longues distances dans une eau calme sont préférables à de courtes distances dans une eau agitée avec un fort courant.

Essayez d’anticiper les conditions de logement de votre bétail (place disponible chez un voisin, location…), les conditions de traite si vous avez des vaches ou chèvres, ainsi que la réfrigération du lait.

N’oubliez pas que les situations tout à fait habituelles en temps normales peuvent devenir compliquées voire impossible à réaliser lors d’une inondation : ainsi, renseignez-vous à propos du ramassage du lait dans ces situations particulières.

Vous n’aurez probablement pas les réponses à toutes ces questions, mais c’est bien d’y penser en y associant votre famille et votre personnel, en n’excluant a priori aucune solution.  Cela permet une meilleure anticipation.

Afin de limiter les risques de maladies pour les animaux, veillez également à ce que le bétail soit correctement vacciné.

Le matériel

Il faut mettre les équipements et vos biens matériels en sécurité.  Lorsque vous le pouvez, élevez les machines, le fourrage, vos stocks, les produits phytosanitaires, avec au moins 10 cm de hauteur (préconisation des assureurs).   

Si vous avez une grange à deux étages, celui d’en haut est un bon endroit pour un stockage temporaire.  

 

Vous pouvez vous  équiper d’un kit  inondation,  composé d’une  radio  avec  ses  piles  de  rechange,  d’une  lampe  de  poche, d’eau  potable,  des  médicaments  urgents,  des  papiers  importants, de vêtement de rechange et de couvertures.  Il peut également être nécessaire  de  posséder  des  dispositifs  de  protection  temporaires, comme les batardeaux ou les couvercles de bouche d’aération.

Les bâtiments

Il n’est pas toujours conseillé de fermer les portes et fenêtres pour tenter de garder certains endroits au sec.  Il y a peu de chance que cette manœuvre réussisse, et le bâtiment pourrait être endommagé du fait de la pression exercée sur sa structure.  

Veillez également à bien couper le courant électrique des locaux susceptibles d’être envahis par l’eau.  Prévoir un groupe électrogène.

Après la crue, des pompes seront utiles pour évacuer l’eau le plus rapidement possible, pour ne pas aggraver les dommages causés par l’inondation.

Papiers, archives, bureau

Protégez également vos papiers importants : pour cela, des espaces de rangement ignifugés et résistants à l’eau pour garder des papiers au domicile ou au bureau.  Déposer ces documents dans un coffre-fort prévu à cet effet permet également de s’assurer contre le vol et les dégâts matériels.

Quoi qu’il en soit, faites toujours une copie de vos documents importants, et donnez les à vos proches amis, à votre famille ou vos voisins, de manière à les récupérer rapidement en cas de besoin. Une copie électronique (PDF) peut être fort utile, on la retrouvera toujours si elle est stockée dans un espace privatif du « cloud » ou en pièce jointe d’un courriel.

Vigilance particulière pour les pesticides et engrais

De par leur dangerosité, les pesticides nécessitent une attention toute particulière, car ils peuvent contaminer les eaux, et une quantité de produits chimiques peut alors être dispersée dans la nature, ce qui peut créer un dommage écologique. 

La responsabilité de l’exploitant peut être recherchée s’il n’avait pas pris les précautions nécessaires.  Il ne pourra pas toujours invoquer le cas de force majeure, qui doit être  « imprévisible » et « irrésistible » pour être une cause exonératoire de responsabilité.  Or, des crues récurrentes peuvent-elles encore être imprévisibles ?  A fortiori lorsque des  alertes météo sont diffusées plusieurs jours à l’avance.

La première précaution est d’entreposer les produits phytosanitaires dans un endroit sûr qui, de préférence, ne sera pas inondé en cas de crue.  Stockez-les dans des contenants métalliques et non dans du carton ou tout matériau perméable. Si la crue est imminente, agissez au plus vite et déplacez les pesticides pour les mettre sur des étagères en hauteur.

Ensuite, conservez un stock minimum de pesticides, et renouvelez vos approvisionnements plusieurs fois dans l’année.

 

Après la crue, si vous suspectez l’inondation d’une zone où sont stockés des pesticides, inspectez cette zone avec beaucoup de précautions : les eaux de la crue peuvent être contaminées, il faut alors porter un équipement de protection individuelle (EPI) approprié, pour éviter d’être exposé, tels qu’une combinaison étanche, et des bottes.

Surveillez toute apparition de symptôme suite à la manipulation ou au contact de pesticides : maux de tête, nausées, diarrhées,  troubles de la vision,  salivation ou transpiration excessives,  difficultés à respirer, tremblements et convulsions…  Ces symptômes apparaissent généralement immédiatement ou dans les heures qui suivent l’exposition aux pesticides.  Consultez immédiatement un docteur, ou contactez un centre antipoison.

 


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