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Inondation des vignes

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Les inondations peuvent être dévastatrices pour la vigne.  Outre l’immersion des ceps, les raisins sont également abimés, ils pourrissent, éclatent ou sont souillés.  Il existe également un risque sanitaire, car l’eau qui recouvre les terres transporte toutes sortes de microbes et de maladies : il y a donc un risque accru de mildiou.

inondation vigne- protéger son agriculture

Mais ce n’est pas tout : les inondations charrient de nombreux débris,  des déchets naturels comme des branchages, bois morts ou de la terre, mais aussi des déchets rejetés par les hommes, comme des sacs plastiques, sans compter tous les pesticides qui sont emportés dans le flot.

Parfois, le courant est si fort qu’il emporte tout sur son passage, y compris les piquets et le palissage, rendant ainsi la vigne plus vulnérable.  Le courant, s’il est suffisamment agité, provoque aussi l’érosion.

Les dommages directs causés à la vigne par les inondations sont le plus souvent constatés à la suite de la baisse de la quantité d’oxygène au niveau des racines, qui sont immergées durant parfois plusieurs jours.  La crue crée alors un sol anaérobique, c’est-à-dire sans oxygène, ce qui peut avoir un impact important sur la végétation.  L’asphyxie des racines et des pousses, si elle se prolonge, peut causer la mort de la plante.  Une certaine réaction chimique dans les sols anaérobiques entraine une réduction des nitrates et la formation d’azote.  La dénitrification peut être vue ici comme une cause principale de la perte de vigueur de la plante et de sa croissance après une inondation.

 

La crue en Châteauneuf du Pape : un exemple de solidarité

Pour illustrer la force dévastatrice d’une crue, nous pouvons prendre l’exemple du prestigieux vignoble de Châteauneuf du Pape.  En septembre 2002, une semaine avant les vendanges, les pluies qui se sont abattues en 48h sur l’appellation furent équivalentes à l’ensemble des précipitations annuelles, soit 750mm.  L’eau étant montée à plus de 8 mètres près des rivières, plusieurs caves ont été gravement endommagées : chais et matériels souillés, cuves renversées…

A cause de cette averse torrentielle, plus de 10% de la superficie du vignoble ainsi que de nombreuses caves coopératives furent englouties sous les eaux.

Les conséquences sur la production se sont immédiatement fait ressentir : 1 500 hectares de vigne n’ont pas pu être vendangés.  Cette crue a également donné du travail en plus aux vignerons, car ils ont dû arracher les vignes qui étaient plantées aux abords des rivières pour les replanter sur des terrains plus en hauteur, afin d’éviter qu’elles ne soient encore une fois abîmées.

Mais si l’inondation est un terrible coup dur, elle a aussi permis aux viticulteurs et aux caves collectives de se montrer solidaires : ceux qui n’avaient pas été touchés par les inondations sont venus prêter main-forte aux victimes en vinifiant la production de leurs voisins, et en les aidant à reconditionner les bouteilles souillées.  Des bénévoles ont également aidé à nettoyer les vignobles, et en participant aux opérations de relèvement et de palissage des vignes.

Suite à cette inondation, 33 millions d’euros ont dû être débloqués par le dispositif des calamités agricoles pour la remise en état du vignoble et des outils de vinification.

 


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