Vous êtes ici

Inondations : quelles conséquences économiques ?

print printmail
Partager cet article :

 

Une inondation peut donner lieu à de nombreuses conséquences, souvent dommageables pour l’agriculteur et pas forcément prévisibles au premier abord.  Les conséquences d’une catastrophe se mesurent généralement en pertes directes et indirectes, qui peuvent varier selon la nature de la crue, sa durée ou encore le type d’exploitation.

inondation exploitation agricole- répercussions économique

Les cultures sont considérées comme des pertes directes. Le dommage des champs par l’eau dépend de plusieurs facteurs :

·       Le type de culture, et sa vulnérabilité ou non à l’immersion

·       La durée de l’inondation

·       Le stade de croissance de la plante et du calendrier cultural

·       La hauteur de la plante et la profondeur de l’eau

·       La vivacité du courant, qui peut causer une forte érosion

·       Les sédiments déposés sur la plante une fois que l’eau s’est retirée

·       Les sédiments déposés sur le sol et qui recouvrent complètement la plante une fois que l’eau s’est retirée

 

Comme indiqué plus haut, il existe également des pertes indirectes : il faut ainsi distinguer les pertes sur un an de celles visibles sur la culture pendant plusieurs années, et voir quel laps de temps est nécessaire pour revenir à une production normale.

Les inondations donnent généralement lieu à des pertes sur une saison culturale complète, et une plantation normale pourra reprendre lors du cycle suivant, même si plusieurs cultures sont plantées la même année.

 

Dans le cadre d’une culture pérenne, il y a une différence entre la perte de la plante qui produit (par exemple, une jeune vigne) et la perte de la production annuelle (le raisin, pour reprendre  le même exemple).  Dans la perte de la plantation (considérée comme une perte directe) il peut également y avoir des coûts indirects importants, comme les coûts pour remettre la plantation en état, et l’absence de revenus en attendant que la production reprenne son cours normal (dans le cas des arbres fruitiers, cela peut prendre 2 à 5 ans).  Il faut aussi noter que le replantage peut être possible si l’inondation se passe tôt dans le cycle de croissance.

 

Pour un agriculteur qui cultive des plantes annuelles, les coûts directs de la crue vont inclure la perte de la plantation, mais également le coût de la réparation ou du remplacement des bâtiments, des machines, des équipements et des stocks.  Les coûts indirects comprendront la surcharge de travail suite à la catastrophe, les dérangements à venir (par exemple la réduction des productions futures), les pertes de marché ou les perturbations de services tels que l’électricité.  

Il faut également compter les pertes directes de la couche arable causées par l’érosion comme un potentiel de perte à long terme.  Les agriculteurs qui cultivent des plantes pérennes peuvent avoir des coûts supplémentaires qui sont généralement attribués aux cultures annuelles, comme le nettoyage et le replantage des arbres, ainsi que le coût de plusieurs années avec des revenus à la baisse, en attendant que les arbres puissent produire de nouveau.

 

Les conséquences dommageables des inondations sont aussi constatées chez les éleveurs : mortalité du bétail par noyade, mais également des pertes indirectes avec en premier lieu l’augmentation des coûts de l’alimentation et de relogement des animaux.  

L’inondation est susceptible de rendre les prés inutilisables durant plusieurs semaines, et une nourriture alternative sera probablement difficilement disponible, et onéreuse du fait d’une raréfaction locale, les localités voisines ayant probablement également été affectées par la crue.

 

En ce qui concerne l’élevage intensif, les crues sont moins préoccupantes, si elles n’atteignent pas directement les bâtiments d’élevage, et si la production est hors sol.  Des perturbations importantes, voire des pertes de production en volaille par exemple, peuvent survenir si la production est interrompue, notamment à la suite d’un arrêt de la ventilation ou des installations de chauffage.

L’inondation entre dans les critères de déclenchement de l’indemnisation au titre des catastrophes naturelles, mais cela n’est pas automatique.  Il est probable que si l’inondation est très localisée (par exemple une crue exceptionnelle d’un ruisseau) , il n’y aura pas d’arrêté ministériel autorisant les assureurs « Dommages aux biens » à prendre en charge le sinistre au titre de leur couverture.  Pour obtenir cette garantie, il faut souscrire l’extension « événements naturels » parfois aussi appelée « force de la nature ».

 



Liens :
La sécheresse du Midwest: la plus grande catastrophe naturelle agricole des temps modernes
Grêle non annoncée : Météo-France responsable ?
Catastrophes naturelles : le déni de réalité
Le risque climatique peut-il être maitrisé ?

Tous vos EPI: masque phyto, gants... sur notre boutique !

Agrisur Boutique EPIAgrisur Bourique EPI

Quelques entreprises partenaires

;      Centre d'observation catastrophes naturelles

suivez-nous :      facebook                           Twitter

Abonner-vous : Flux RSS