Vous êtes ici

Le risque climatique peut-il être maitrisé ?

print printmail
Partager cet article :

« Aide toi le ciel t’aidera » (*) 

Cette question peut sembler saugrenue tant les agriculteurs sont encore fortement dépendants des conditions climatiques.

Impact sur la production

Les conditions météorologiques ont un impact direct sur la croissance et la qualité de la plante. Elles l’affectent également indirectement par son influence sur le cycle des maladies et des parasites et ravageurs. 

Sur l’ensemble des pertes de production agricole, beaucoup sont la conséquence directe d’événements climatiques extrêmes (conditions atmosphériques d’une intensité exceptionnelle)tels que sécheresse, vague de chaleur, tempête, inondation, pluie excessive, gel, grêle.

Autre manifestation moins exceptionnelle mais tout autant dévastatrice : selon le dicton populaire, «le mauvais temps, c'est celui qui dure ». C’est par exemple des pluies faibles mais continues à des périodes cruciales du développement, ou des pluies inattendues survenant juste après un traitement phytosanitaire, causant la dilution ou une hydrolyse prématurée du pesticide de surface. 

Au-delà des pertes de rendement et de production directe, les manifestations peuvent s’en ressentir au moment de la récolte. C’est le cas notamment lorsqu’une plante abîmée par une grêle est fragilisée par des attaques d’insectes et autres parasites.

D’autres conséquences indirectes de conditions climatiques sont l’érosion et la pollution des sols.

 

Impact sur les prix agricoles

Les conditions agro-météorologiques, favorable ou non, ici ou à l’autre bout du monde, ont une incidence sur la fixation des prix. Ainsi, il a été établi que le relèvement des cours du vin en 2010 a été en partie dû à une conjonction de rendements insuffisants en Australie, au Chili (malgré une augmentation des surfaces plantées) et en Californie. A l’intérieur d’un même pays, voire d’une même région de production, les prix tiennent compte, comme dans tout marché, de l’adéquation entre l’offre et la demande. Si l’offre se raréfie du fait de conditions météorologiques adverses, les prix seront poussés à la hausse. Ainsi les producteurs victimes d’un aléa climatique peuvent souvent compenser, au moins partiellement, une perte de rendement par une hausse des prix.

 

Des prévisions météorologiques plus précises

Le chef d’exploitation a souvent autant les yeux rivés sur le bulletin météorologique que sur l’état de son compte bancaire. Il est désormais important d’avoir l’accès à des modèles de prévision et d’alerte météorologique efficients, d’être en capacité d’analyser les informations reçues et de procéder à de bons choix décisionnels pour protéger les cultures.

Les nouvelles technologies ont fortement augmenté les connaissances du système climatique. Aujourd’hui, les prévisions météorologiques sur 7 jours sont aussi précises que celles produites sur 2 jours il y a 20 ans encore.  Dans les années récentes, des progrès considérables ont été réalisés pour alerter les citoyens et les professionnels lorsque des événements climatiques de forte intensité se profilent. Des graduations sont proposées pour mesurer le degré d’alerte (de 1 à 4 sur la France), chacune correspondant à des mesures spécifiques à prendre, notamment par les pouvoirs publics.

L’intervalle de récurrence est une mesure statistique indiquant à quelle fréquence un événement climatique d’une magnitude définie se produira ou excèdera la mesure dans un laps de temps donné. On citera l’exemple de la crue centennale d’une rivière.

 

Connaissance du la climatologie agricole

Les scientifiques utilisent le terme d’agrométéorologie pour définir la science qui étudie les effets de la météorologie sur l’agriculture. L’objectif de cette discipline est de rassembler et étendre les connaissances sur les mouvements de l’atmosphère dans le but d’optimiser le développement d’une agriculture durable. Cette science a également pour vocation d’identifier, quantifier et fournir les outils pour réduire l’impact négatif des événements climatiques extrêmes sur la production agricole.

Pour bien appréhender les risques climatiques de son exploitation agricole, l’opérateur averti aura au préalable une bonne connaissance historique des événements climatiques ayant impacté son exploitation et sa région de production.

Il est rassurant de constater que les modèles statistiques les plus précis sont généralement à quelques déciles près de ce qui peut ressortir des informations transmises par les « anciens ». 

Cette recherche d’information historique est recommandée pour les jeunes agriculteurs, au sens large, car il faut au moins 30 ans d’expérience des saisons pour se « souvenir » des événements passés (exemple du grand gel des cultures et notamment de la viticulture en 1991 puis 2017). 

 

Pour se protéger financièrement des aléas climatiques, il est possible de recourir à des systèmes assurantiels, et de financement public.

Pour en savoir plus : l’assurance des calamités agricoles

 

(*) Jean de la Fontaine  « Le chartier embourbé »



Liens :
La sécheresse du Midwest: la plus grande catastrophe naturelle agricole des temps modernes
Grêle non annoncée : Météo-France responsable ?
Catastrophes naturelles : le déni de réalité

Tous vos EPI: masque phyto, gants... sur notre boutique !

Agrisur Boutique EPIAgrisur Bourique EPI

Quelques entreprises partenaires

;      Centre d'observation catastrophes naturelles

suivez-nous :      facebook                           Twitter

Abonner-vous : Flux RSS