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Hypovigilance : ce n’est pas le moment de dormir…

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La fatigue et la somnolence constituent l’une des principales causes d’accidents de circulation, juste derrière la vitesse excessive et l’alcoolisme. La perte de vigilance due au sommeil au volant représenterait 15% des accidents mortels sur le réseau secondaire et jusqu’à 40% sur l’autoroute.

 

risque agricole - hypovigilance

Tous les conducteurs sont concernés, que cela soit à titre personnel ou professionnel.  Les salariés de l’agrofourniture et les techniciens de l’agriculture sont toutefois particulièrement exposés, car ils réalisent de nombreux déplacements sur les exploitations agricoles.

Les conducteurs de tracteurs et autres engins agricoles sont également exposés, car la lenteur et la répétitivité constituent des facteurs de risque aggravants.

 

Qu’est-ce que l’hypovigilance ?

On définit l’hypovigilance comme un état intermédiaire entre la veille et le sommeil durant lequel les facultés d’observation et d’analyse de l’organisme sont fortement réduites, des capacités indispensables à la conduite. Cet état provoque des « micro-sommeils », d’autant plus dangereux que très souvent, les conducteurs fatigués ne réalisent pas immédiatement leur condition, et prennent des risques pour les autres et pour eux-mêmes.

 

La somnolence se manifeste par des bâillements, des picotements dans les yeux et clignement des paupières, un engourdissement des jambes, des raideurs dans la nuque et les épaules, couplées avec des changements répétés de position et une incapacité à maintenir stable la trajectoire et la vitesse de son véhicule.

 

Le temps de réaction augmente très fortement, de 1 à 5 secondes selon les individus, leur état de santé et de vigilance. Or, rappelons qu’en 2 secondes à 90 km /h, nous parcourons 50 mètres.   2 secondes, ce n’est pas beaucoup pour rectifier une sortie de trajectoire, ou éviter de percuter le véhicule devant soi.

 

Le champ visuel rétrécit, or celui-ci permet de détecter la présence d’obstacles, de véhicules venant de côté…

 

La mémoire à court terme diminue.  Un panneau d’avertissement de danger, de limitation de vitesse… sera peut-être oublié quelques instants après son dépassement. On ne se souvient plus des derniers kilomètres parcourus (expérience a posteriori effrayante si vous l’avez expérimentée !) 

 

La capacité de raisonnement logique est altérée. Une information sur une déviation, ou sur l’existence de travaux par exemple, peut être mal comprise et entraîner des erreurs de coordination et un comportant anormal.

Selon une étude publiée fin 2014 par l’Asfa (Association professionnelle des sociétés françaises d’autoroutes) et l’APR (Association prévention routière), 63% des conducteurs ont déjà lutté contre le sommeil lors d’un trajet sur l’autoroute. Plus inquiétant, 15 % reconnaissent avoir vécu un accident ou un presque-accident dû à la somnolence.

 

Principales causes de l’hypovigilance:

  • Le manque de sommeil : une insomnie, une nuit blanche et les repos trop courts (4 à 5 heures) sont les premières causes contribuant à l’installation de fatigue et d’affaiblissement.  Contrairement à une idée reçue, 95% de la population a besoin de dormir de 7 à 9h par jour, et les agriculteurs ne sont pas une exception. Toute insuffisance de repos est donc perçue par l’organisme comme une dette de sommeil.  L’expression « ivre de fatigue » est à prendre au premier degré (sans jeu de mot) : 17 heures sans sommeil correspond à 0,5 g d’alcool dans le sang, en terme de perturbations psychomotrices et sensorielles.  Le chiffre est doublé à partir de 24 heures de veille active.
  • Les horaires: plus le corps reste éveillé à des heures tardives, plus celui-ci  sera sujet à des somnolences. En effet la pression du sommeil est plus importante la nuit, ce qui augmente donc le risque d’assoupissement.  Les horaires de travail irréguliers sont la cause de deux fois plus d’accidents, selon des statistiques américaines. L’horloge biologique est également à prendre en compte. Les planches horaires 13h-15h en journée et 2h-5h de nuit sont réputées comme des heures à risque d’assoupissement élevé et de baisse de vigilance;
  • L’état physiologique : l’alcool, la drogue mais aussi la prise de certains médicaments peuvent impacter sur l’état d’éveil du conducteur, tout comme la fatigue après un travail éprouvant ou un temps de conduite très long. De même le corps à tendance à s’assoupir à la suite d’un repas. La digestion des glucides par exemple provoque des somnolences de 30 à 60 minutes.   

Cumulés les uns aux autres, le risque devient exponentiel : ainsi l’alcool additionné à la fatigue multiplie par 7 le risque d’accident.

 

Qui sont les plus concernés ?

L’hypovigilance concerne toutes les catégories de conducteurs même si les jeunes (plus particulièrement les hommes), les personnes âgées (plus souvent sujettes à des troubles du sommeil) et les personnes travaillant de nuit sont les plus exposées. 

 

Les solutions

La somnolence multiplie par huit le risque d’accident.Dès l’apparition de ses premiers signes, il est important d’adopter de bons réflexes :

 

  • On ne le répètera jamais assez : des pauses régulières sur les longs trajets. Des pauses de 10 à 20 minutes toutes les 2 heures de conduite, idéalement accompagnée d’une courte sieste.  Ceci vous permettra de rester en éveil et vigilant pour la suite ;
  • Boire du café ou du coca pendant les pauses, et boire ou manger sucré pour éviter une possible hypoglycémie pour les personnes sensibles. Cela contribue au réveil du corps, ponctuellement et en cas de nécessité. Toutefois, il faut signaler que les agents énergisants (caféine) prennent un certain temps avant d’être assimilés par l’organisme ;

 

Pensez également à préparer les longs voyages: dormir suffisamment avant de prendre la route et éviter les voyages après une journée de travail. Donnez à votre organisme le temps de récupérer et de faire le plein d’énergie, et surveillez la prise de médicaments incompatibles avec la conduite (ils seraient plus de 1700 en France).

 

Prévention des risques professionnels

Les entreprises doivent sensibiliser leurs salariés exposés par les déplacements en mission ou par le trajet domicile-travail, en leur diffuant régulièrement ces messages et en veillant à ne pas les exposer à ce danger dans le choix des missions confiées.  

 

La faute inexcusable de l’employeur peut être recherchée à la suite d’un accident de la circulation, si les conditions imposées pour le déplacement ne permettaient pas un temps de repos suffisant.  Le document unique d’évaluation des risques professionnels, obligatoire, doit pouvoir recenser les situations à risques, notamment pour les personnels utilisant fréquemment un véhicule dans le cadre de leur mission. 



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