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Gestion des risques ; les enseignements du Titanic

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Avril 1912, au beau milieu de l’atlantique nord. Le Titanic, paquebot géant réputé « insubmersible » heurte un iceberg et coule dans la nuit, entrainant la mort de 1500 personnes sur les 1800 embarquées au départ de Southampton. Ce qui a commencé comme un symbole de la prouesse technique et industrielle s’est transformé en un souvenir cruel et éternel du fait que l’incertitude est la norme. Cette nuit d’horreur a rappelé combien il est essentiel de respecter les normes de sécurité, à tous les niveaux.  Une telle multiplication d’erreur a permis de tirer de nombreux enseignements, qui ont posé les bases du management des risques moderne.

Le Titanic aurait pu éviter la catastrophe si quelques mesures de bon sens avaient été prises, à commencer par la nomination du capitaine.

Nauvrage du Titanic -  gestion du risque

 

Le choix du capitaine

Le capitaine Edward John Smith, dont la longue carrière n'était pas exempte de graves erreurs et de sérieux manquements, présente néanmoins l’avantage d’être très populaire, et ami de nombreux passagers de la première classe.

Le comportement du capitaine

La journée avant le naufrage, E.J. Smith a refusé de tenir compte des nombreux messages d'alerte d'autres navires lui signalant des dérives d'icebergs sur sa route et, pire, il ne ralentit pas la vitesse de son paquebot, qui, lancé à pleine vitesse, mettrait quinze cents mètres à s'immobiliser devant un obstacle.

Les manœuvres d’évitement

Mais le capitaine n’est pas seul en cause : de nombreuses autres erreurs humaines ont été commises ce soir-là, entre autres la manœuvre fatale exécutée par l'officier William Murdoch : à la vue de l’iceberg, il fit virer vers bâbord pour laisser l'obstacle sur la droite, et commande l'arrêt des machines. Le navire frotta alors lourdement l'énorme masse de glace, ouvrant dans la coque plusieurs caissons étanches. Les scientifiques ayant examiné les différentes possibilités de manœuvres ont estimé qu’il aurait mieux fait de virer vers bâbord en accélérant plutôt que de ralentir, car il aurait peut-être pu éviter l'iceberg, ou en tout cas le frotter moins longtemps, et ainsi limiter le nombre de compartiments inondés. Une autre solution envisageable, mais courageuse, était de foncer droit sur l'obstacle en ralentissant au maximum, taper la proue, inonder le caisson avant, en évitant ainsi d'en condamner d'autres.

L’évacuation des passagers

Le paquebot avait été conçu afin de supporter autant d’embarcations qu’il était nécessaire pour sauver toutes les personnes à bord, mais il fut décidé qu’il serait chargé avec seulement la moitié des canots nécessaires, pour que le pont ne soit pas trop encombré par les embarcations. De plus, les autorités de navigation britanniques avaient approuvé ce nombre insuffisant de barques depuis que les exigences en matière de nombre de canots étaient basées sur le poids du navire et non sur le nombre de passagers. Si le Titanic avait eu assez de canots de sauvetage, la plupart, si ce n’est tous les passagers ainsi que l’équipage auraient pu être sauvés.

L’équipage a prétendu faire un exercice pour éviter la panique des passagers, tandis que l’orchestre jouait des musiques entraînantes. Ne prenant pas les instructions au sérieux, les voyageurs ont refusé de monter dans les canots. Les premières barques furent mises à la mer pratiquement vides, et par la suite, aucun canot ne fut chargé au maximum de ses capacités.

Conception, construction et équipement du navire

Les rivets, ces pièces métalliques qui assemblent les éléments d'acier de la coque, étaient de piètre qualité. Les rivets en acier n’ont été utilisés que sur la partie centrale du navire, qui n’a d’ailleurs pas cédé sous la pression de la glace sur la coque contrairement à d’autres endroits.  Ainsi, afin de tenir coûte que coûte les délais de livraison et éviter de faire grimper la facture, le constructeur aurait donc préféré des matériaux bon marché.

La taille du tringle est également mise en cause : plus long, il aurait permis de virer plus rapidement et ainsi s’écarter un peu plus de l’iceberg.

Sur le Titanic, tout suggère que les constructeurs n’ont jamais envisagé les pires scénarii. Ainsi, ils n’avaient pas pris en considération la possibilité que plus de quatre compartiments puissent être inondés. Et pourtant lors de la collision avec l’iceberg, cinq compartiments furent envahis par l’eau, assurant ainsi le naufrage.

Les équipements à bord étaient également insuffisants : en effet, les veilleurs ne disposaient pas de jumelles dans le nid-de-pie, alors que cela leur aurait permis de repérer l’iceberg à temps. L'iceberg a été aperçu à environ 500 mètres du navire, alors qu’il aurait fallu environ 800 mètres pour s'arrêter avec les machines en arrière toute.

Des conditions naturelles défavorables

L’absence de vent, atténuant la houle, a empêché la formation d’une écume autour de l'iceberg, ce qui aurait pu le rendre plus visible pour les veilleurs. De plus, la Lune est absente, rendant ainsi la nuit encore plus obscure.

De plus, de nombreuses causes ont favorisé la formation d’icebergs, qui n’auraient pas dû se trouver en si grand nombre sur la route du paquebot.  L’hiver avait été très doux, et les icebergs étaient descendus plus au sud que les années précédentes. De plus, une distance exceptionnellement faible de la Lune par rapport à la Terre aurait, selon des physiciens, créé un fort mouvement de marée, accentuant les mouvements d'icebergs durant cette période.

D’autres théories ont vu le jour (sans être confirmées), comme celle proposée en 2012 par l'historien britannique Tim Maltin : les veilleurs auraient été victimes d'une illusion d'optique, un mirage supérieur faussant la position apparente des objets, et provoqué, par une inversion thermique, la masse d'air froide apportée par le courant du Labrador restant sous la masse d'air chaude issue du Gulf Stream.

La prévention des risques devient une priorité

Le naufrage du Titanic permit une prise de conscience  que la nouvelle société industrielle était toujours aussi vulnérable. Le doute s’est installé sur l’infaillibilité et les bienfaits du progrès technologique.

Sous la pression de la concurrence, les considérations économiques (économies) avaient pris l’ascendant sur  la sécurité des navires.  Les financiers sur les ingénieurs.  Le confort des passagers, la rapidité et l’esthétique du navire, sur la sécurité de tous. 

Nous considérons désormais pour acquises  les améliorations de la sécurité qui furent instaurées à la suite de ce funeste naufrage : les exercices d’entrainement d’évacuation par canots de sauvetage sont désormais obligatoires sur tous les bateaux de croisière, tout comme la présence de suffisamment de canots pour les passagers et l’équipage.   A la suite de ce naufrage, les navires ont également eu l’obligation de maintenir les radios allumées 24h/24.

Effectivement, la gestion du risque et la technologie ont depuis longtemps rattrapé les défauts techniques et erreurs de navigation du début du XXème siècle. Avec la Patrouille Internationale des Glaces, l’arrivée du sauvetage par hélicoptère et du sonar, les moyens d’évacuation prévus à bord, un désastre de l’ampleur de celui du Titanic n’est aujourd’hui plus à craindre. Mais d’autres risques peuvent surgir. Rien n’est jamais acquis en ce domaine, le croire est le plus grand danger.

 

 Causes du naufrage du Titanic

 

Causes humaines :

·      La désinvolture du capitaine, qui naviguait trop vite et n’a pas pris en cause les alertes que lui envoyaient les autre bateaux à propos des icebergs

·      Les officiers ont déguisé le naufrage en exercice et n’ont pas rempli les canots au maximum

·      Mauvaise manœuvre lorsque l’iceberg est apparu (virage à bâbord en ralentissant alors qu’il aurait été plus judicieux d’accélérer et de virer à tribord, voire de continuer tout droit)

·      Les navires aux alentours avaient éteint leur radio pour la nuit, et n’ont donc pas capté les alertes du Titanic

 

Causes techniques :

·      Les rivets sont de mauvaise qualité et n’ont pas résisté à la pression de l’iceberg sur la coque, et au froid

·      La taille trop petite du gouvernail. Selon la réglementation de l'époque, la taille du gouvernail devait être de 1,5 % à 5 % de la surface de la coque située sous le niveau de l'eau. Le gouvernail du Titanic était situé au bas de cette tranche, avec 1,9 %. Un gouvernail plus grand aurait permis de virer plus vite.

·      Trop peu de compartiments étanches, les constructeurs n’avaient pas envisagé que plus de 4 compartiments soient inondés

·      Absence de double coque (sauf au fond du navire)

·      Pas suffisamment de canots

·      Pas de jumelles pour les veilleurs, qui ontainsi vu l’iceberg trop tard

·      Les compartiments étanches ne montent pas assez haut pour empêcher la progression de l'eau (ces cloisons transversales sont arrêtées à 15 mètres de hauteur par les architectes pour que les passagers puissent emprunter le pont-promenade supérieur

·      L'acier composant certaines parties de la coque est très cassant à température négative (eau la nuit du drame de -1 à -2 °C)

 

Causes météorologiques et climatiques :

·      La mer était calme : l’iceberg aurait été plus visible s’il y avait eu de l’écume

·      La lune était cachée, il faisait donc très sombre

·      Hiver très doux, ce qui avait détaché plus d’icebergs de la banquise qui avaient dérivé plus au sud de d’habitude.

·      Distance exceptionnellement faible de la Lune par rapport à la Terre, créant un fort mouvement de marée et un mouvement d'icebergs inhabituel durant cette période.

 

Récemment, une équipe de développeur a reconstitué en vidéo le naufrage du paquebot, dans le cadre d'un jeux vidéo. Grâce à cette reconstitution numérique, l'équipe lance un appel aux dons, pour leur permettre de financer rapidement le projet. Leur site pour visionner le projet et contribuer : http://www.titanichg.com/

La vidéo : Reconstitution du naufrage du Titanic en temps réel

 




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