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Pesticides : plainte au pénal suite au décès d’un viticulteur girondin

Viticulture
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 Les dangers des pesticides sur les viticulteurs

 

Suite au décès le 8 Décembre 2012 de James Bernard Murat, viticulteur de la région de Libourne (Pujols), sa fille a déposé une plainte contre X pour homicide involontaire devant le Pôle de santé publique du Tribunal de Grande Instance de Paris.

 

 

 

 

Pour la première fois en France, un procureur a autorisé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « homicide involontaire, tromperie et omission de porter secours ». Valérie Murat, la fille du défunt, dans un communiqué s’est réjoui de cette décision  car, selon elle, un classement sans suite aurait été intolérable : « cela constituait un risque et notre plus grande crainte ».

 

Les Faits

En 2010, le vigneron James Bernard Murat tombe malade et, se voit diagnostiquer un cancer broncho-pulmonaire lié à l’utilisation des pesticides pendant quarante-deux ans. En février 2011, l’Assurance Accident des Exploitants Agricoles (AAEXA) reconnait d’ailleurs que le caractère professionnel de la maladie du viticulteur a un lien avec l’utilisation de l’arsénite de sodium. L’arsénite de sodium est utilisé par les viticulteurs pour traiter la vigne contre l'esca, une maladie du bois due à des champignons parasites.

En décembre 2012, le viticulteur s’éteint à l’âge de 70 ans. C’est le début de la lutte pour sa fille qui estime que son père n’avait jamais été prévenu sur la toxicité de ce produit pour sa santé.

 

« Le Droit d’agir et le devoir de dire »

Valérie Murat a tenu à faire cette action en justice pour que non seulement son père ne « soit pas mort aussi injustement pour rien », mais aussi pour alerter les professionnels.  Elle vise aussi à mettre les fabricants de pesticides et les organisations professionnelles devant leur responsabilité mais plus généralement, la famille espère ainsi alerter les agriculteurs sur le lien entre les pathologies qu’ils peuvent déclarer et  l’utilisation de pesticides.

Selon Maître Lafforgue, l’avocat de fille du défunt, ce genre d’affaires touche aussi bien les firmes mais aussi les services de l’Etat.  En effet, l’Etat n’a pas convenablement joué son rôle en tardant à prendre les mesures adéquates. Le produit a été reconnu dangereux depuis 1955, date de création du tableau des maladies professionnelles liées à l’arsenic et à ses composants minéraux. Mais ce n’est qu’en 1973, que l’arsénite de sodium a été interdit dans l’agriculture mais pas dans la viticulture. Pour cette dernière, il faudra attendre novembre 2001.

 

Appui des Associations

Les associations Phyto-Victimeset Générations Futuressoutiennent Valérie Murat dans ses démarches et demandent que les laboratoires soient reconnus responsables.

Les associations de défense des victimes rappellent que cette plainte a été déposée « pour faire la lumière sur ce qui s’est passé et dégager les responsabilités des firmes qui ont commercialisé des produits sans avoir indiqué les risques encourus ».  Il s’agit également de comprendre la complaisance de l’Etat, qui a continué à homologuer ces produits alors qu’on les savait dangereux.



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