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Au feu les patients !

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Suprenant ! Une enquête révèle que chaque année, 600 patients américains sont brulés, parfois très gravement, lors d’une opération chirurgicale, que le phénomène est d’ampleur similaire en France, et que les équipes médicales sont mal préparées...

 

 

La très sérieuse revue "Face au risque", éditée par le CNPP (Centre National de Prévention de la protection), a récemment mis en avant une enquête de terrain réalisée par l’Institut lorrain d’anesthésie-réanimation (Ilar) qui a pointé du doigt un phénomène souvent ignoré dans le domaine hospitalier, mais non moins spectaculaire : le feu de patient.

 

 

Si cet incident est heureusement rare, il est parfois mortel. Rien qu’aux Etats-Unis, où ce risque est pris plus au sérieux qu’en Europe, on dénombre tout de même en moyenne 600 feux de patients par an. Les dommages corporels sont différents selon les cas, occasionnant des brûlures et souvent un préjudice esthétique.  20 % des victimes se retrouvent avec des séquelles graves ou meurent des suites de l’accident.

 

Ce phénomène peut interpeller par son improbabilité : comment un patient peut-il soudainement prendre feu au milieu du bloc opératoire, alors qu’il est sous la surveillance directe de plusieurs praticiens de la médecine ?

 

Eh bien, tout d’abord car les trois ingrédients nécessaires pour un départ de feu sont bien présents :

  • un combustible hautement inflammable, comme l’alcool utilisé par l’infirmière pour stériliser les outils et le patient
  • un comburant, comme l’oxygène utilisé par l’anesthésiste
  • une source de chaleur, apportée par le chirurgien lorsqu’il utilise des instruments électriques, comme le bistouris ou un laser.

 

Un problème déjà découvert…

L’ANSM (Agence nationale du médicament et des produits de santé) avait déjà constaté que des patients avaient été brûlés suite à l’utilisation conjointe de bistouris électriques et de solutions antiseptiques alcooliques. En conséquence de cette observation, elle avait publié une note de mise en garde en février 2009. Cette note contenait des consignes à propos des précautions à appliquer pour éviter le risque de brûlures et incendies, comme la vérification du séchage complet de l’antiseptique sur le patient ou sur les draps. Une étincelle suffit…

 

… mais resté sans réponse

Constatant que ce phénomène était toujours peu connu et mal appréhendé en termes de prévention et de traitement, l’ILAR a réalisé une enquête auprès de 128 professionnels. Il en ressort que un anesthésiste-réanimateur sur deux ne sait pas où sont les extincteurs dans le bloc opératoire ; et lorsqu’il connait sa localisation, il ne sait pas lequel choisir ; s’il sait le choisir, il ne sait pas comment l’utiliser.

L’absence de formation à la sécurité incendie empêche les praticiens de connaitre ce risque, et donc de pouvoir agir efficacement si l’accident se produit.

 

Puisque ce risque est inconnu, il n’est pas anticipé en amont, son identification et toutes les préventions qui pourraient l’empêcher sont inexistantes.

Par exemple, il convient de protéger les zones fragiles comme la tête, le cou et le thorax : si ces parties du corps s’enflamment, la vie du patient est immédiatement mise en danger.

Il faut également respecter un temps de séchage après utilisation d’une solution antiseptique alcoolique, et bien mesurer tous les dangers de l’oxygène par rapport au risque de feu.

 

Si les préparations matérielles en amont son importantes, il faut aussi savoir comment réagir en cas d’urgence dans le bloc opératoire. Aux États-Unis, les praticiens ne peuvent exercer leur profession s’ils ne sont pas formés à la sécurité incendie. En France, la formation est facultative, et l’enquête de l’ILAR révèle que seulement 38% des praticiens ont reçu une formation incendie et que 97% s’estiment mal informés.

 

Or, les exercices de sécurité sont essentiels. Une personne inexpérimentée peut diriger un extincteur directement sur le patient, provoquant une brûlure par le froid (il y a un risque de dépôt de CO2 solidifié à -68°C sur la peau) ou l’encrassement des plaies, aggravant ainsi l’irritation due au feu. Ce genre de geste inconsidéré démontre bien la nécessité de formations professionnelles concernant le risque.

Si la personne a suivi un stage d’apprentissage, elle saura que le meilleur moyen d’éteindre un feu de patient est d’utiliser du sérum physiologique ou de l’eau stérile. Elle devrat alors également veiller à avoir suffisamment de sérum physiologique ou d’eau stérile dans le bloc opératoire.

 

En prévision d’un incendie, il faut déterminer précisément les rôles de chacun, et idéalement faire au plus simple : l’anesthésiste coupe les gaz, l’infirmière est responsable de la disponibilité de l’eau stérile, et le chirurgien éteint le feu.

 


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