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Vulgum pecus : troupeau servile

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L’étymologie des mots est souvent révélatrice.  Les termes « pécule », « pécuniaire » et par dérivation «  spéculation » proviennent tous du mot latin « pecus » qui signifie troupeau. 

 

Pourquoi ?     Parce qu’à l’origine des échanges entre les hommes, on ne réglait pas avec de l’argent-monnaie ; c’est la tête de bétail qui formait le moyen de paiement ordinaire, sous la forme de troc, pour s’échanger des marchandises ou rendre des services, et parce ce moyen d’échange correspondait également à un besoin réel et vital, se nourrir.   Aujourd’hui encore, dans certains pays africains ou l’agriculture vivrière est très présente, le bétail est utilisé comme monnaie d’échange.

 

C’est la commodité de la monnaie qui a assuré son développement, puis sa suprématie, car elle permettait de concentrer de fortes valeurs sous des volumes minimes, en s’appuyant également sur une valeur réelle, minérale et non plus animale.  La monnaie a également permis d’assoir l’autorité politique, en lui permettant de « frapper » monnaie à son effigie.

Depuis le rapport à la valeur de l’échange s’est encore modifié, avec l’apparition des comptes bancaires, des chèques, des virements et désormais la monnaie virtuelle (les bitcoins et leurs ersatz).

 

La crise financière que nous traversons, et les excès des marchés, ne doivent pas nous faire oublier le rôle initial et fondateur de l’agriculture dans nos sociétés, une agriculture qui a permis tant de progrès humains.  Une activité qui est tout sauf virtuelle.

 

Les matières agricoles sont aujourd’hui considérées comme de simples « commodités ». Et les hommes qui les produisent, moins de 3% de la population active, sont guère mieux considérés, à en juger par le mode de rémunération de leur travail difficile, et des risques supportés. 

 

Ce comportement sociétal témoigne d’une ingratitude à l’égard de nos propres origines.  Ne devenons pas un « vulgum pecus », ou troupeau servile.  N’oublions pas que nous sommes tous, par nature, des paysans, si ce n’est professionnellement, au moins dans l’âme.

 

Benoit de Fontenay

 




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