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Mon nez vaut 5 millions d’euros

Viticulture
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Le néerlandais Ilja Gort, viticulteur et propriétaire d’un cru bordelais, a assuré la perte totale de son odorat auprès des Lloyd’s de Londres pour une valeur record de 5 millions d’euros. 

 

La police d’assurance est bien réelle, même si les motivations sont peut-être tout autant de créer le buzz. Et de ce point de vue c’est réussi, on en a beaucoup parlé, notamment aux Pays-Bas, ou Ilja Gort est célèbre pour écrire des livres à succès sur le vin

 

 

Le contrat a été souscrit auprès des Lloyd’s,  le leader mondial de l’assurance spécialisée. Montant de la prime d’assurance : 10.000 euros par an, tout de même.

 

Que couvre cette assurance ? Un accident bien sûr (choc, traumatisme crânien), mais également les maladies et affections susceptibles d’entraîner une perte de l’odorat (anosmie) définitive.

 

Comme dans toute police d’assurance, il y a des exclusions, dont certaines sont cocasses. Par exemple l’interdiction de participer à des jeux ou compétitions de lancer de couteaux, de rouler à moto ou faire du ski sans casque intégral, de pratiquer un sport de combat, de participer à une rixe, de respirer près d’un feu, et même de faire raser sa barbe ou sa moustache par un barbier non professionnel !  Qui disait que l’assurance n’est pas un métier de créatif ?

 

Même si le risque était avéré, est-ce bien utile d’assurer 5 millions d’euros ? Car comme dans toute assurance de chose, il faut prouver le préjudice subi. Il n’est aucunement indiqué que ce vigneron, si habile soit-il, subirait une telle perte de revenu. En cas de perte de l’odorat, en effet très gênante pour un viticulteur et vinificateur, l’exploitation de Ilja Gort ne s’arrêterait pas pour autant. Pour éviter une perte de réputation de ses vins, il devra sans doute embaucher un œnologue. Et cela peut en effet coûter très cher. Ilja Gort le sait, puisqu’il recourt déjà, depuis 2009, aux services de Michel Rolland, sans doute le plus célèbre des « flying wine makers ».

 

Ce type de couverture très particulière a également été mis en place pour un producteur de Sherry en Espagne et pour une sommelière en Allemagne, mais également pour des « nez » appartenant au monde de la parfumerie. Il est également possible d’assurer ses papilles gustatives (la langue), ou la perte de goût (agueusie), comme l’ont fait plusieurs grands chefs cuisiniers et négociants en vins.

 

Cette démarche est moins cohérente, car l’essentiel de la dégustation passe par bien l’odorat. Pour vous en rendre compte, faites le test d’une dégustation en vous bouchant totalement les narines, et à l’aveugle bien sûr ; le résultat est troublant. Les plus grands sommeliers et œnologues, ceux qui savent rester humbles malgré leur immense talent et expérience, vous le confirmeront. Dans ces conditions de dégustation, il est facile de confondre  vin blanc et vin rouge.

 

Agathe Cros

 

 



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