La question du soutien aux seniors revient au cœur de l’actualité. Face à une crise financière des ehpad jugée critique, le Sénat soulève un sujet qui anime déjà le débat public : la possible suppression d’un jour férié au profit d’une seconde journée de solidarité. Cette mesure viserait à combler en partie le déficit des établissements pour personnes âgées dépendantes, mais elle suscite aussi beaucoup d’interrogations et des réactions contrastées.
Pourquoi évoque-t-on la suppression d’un nouveau jour férié en faveur des seniors ?
Depuis 2004, chaque salarié consacre déjà une journée de solidarité, soit une journée de travail non rémunérée instaurée après la canicule de 2003. Les sommes récoltées servent à financer diverses actions pour les plus fragiles, principalement les personnes âgées ou handicapées. Grâce à cette organisation, environ 3 milliards d’euros sont collectés chaque année. Pourtant, le secteur reste aujourd’hui sous-financé, et la crise des ehpad perdure malgré ces efforts.
Le Sénat estime que ces ressources ne suffisent pas face à l’ampleur des besoins : manque de personnel, conditions de travail difficiles et absence de modernisation des structures. En 2025, la proposition de loi discutée consiste donc à instaurer une seconde journée de solidarité, demandant un nouvel effort collectif aux salariés.
Les causes profondes de la crise des ehpad
Un déficit financier qui inquiète
Le déficit cumulé approche les 800 millions d’euros dans les ehpad publics. Ce chiffre, mis en avant par de nombreux parlementaires, pèse lourdement sur le bon fonctionnement quotidien des établissements. Depuis plusieurs années, la situation se détériore, poussant le monde politique à rechercher sans cesse de nouvelles sources de financement pour soutenir le secteur.
Les conséquences sont bien visibles : gels de postes, difficultés à recruter du personnel aidant et incapacité à investir dans les améliorations nécessaires. Résultat : ce sont surtout les seniors et leurs familles qui subissent directement les effets de cette crise des ehpad. Concernant le soutien à l’autonomie, il est également important de mentionner que certains services à la personne continueront à bénéficier d’avantages fiscaux ; vous pouvez retrouver la liste actualisée des 26 services à la personne avec un crédit d’impôt de 50 % en 2025 alors même que d’autres dispositifs pourraient être remis en cause prochainement.
Une tarification jugée inadaptée
Nombreux sont ceux qui dénoncent une tarification inadaptée aux réalités économiques actuelles. La sénatrice Anne Souyris plaide notamment pour une meilleure indexation sur l’inflation, permettant aux établissements de s’ajuster face à la hausse des coûts. Selon elle, une réforme structurelle serait bien plus pertinente qu’une simple multiplication des journées travaillées non rémunérées.
L’instauration d’une nouvelle journée de solidarité ne ferait qu’apporter une solution partielle à un problème de fond. Beaucoup redoutent ainsi un effet « pansement » plutôt qu’un véritable remède durable pour le soutien aux seniors et l’amélioration des conditions dans les ehpad.
Comment fonctionne la proposition de seconde journée de solidarité ?
Qui serait concerné par cette mesure ?
D’après le projet examiné, tous les salariés seraient tenus de participer à cette seconde journée de solidarité. Comme pour la première, il faudrait sacrifier soit un jour férié, soit un RTT ou même une fraction de congé payé. L’objectif affiché est de renforcer la solidarité intergénérationnelle, tout en évitant de peser davantage sur le pouvoir d’achat par de nouveaux prélèvements directs.
Cependant, certains syndicats et représentants du personnel expriment leur lassitude : devoir contribuer à deux journées travaillées gratuites chaque année pourrait être perçu comme une forme d’injustice, surtout pour les métiers pénibles ou faiblement rémunérés. À noter : en matière de changements sociaux majeurs, la suppression du timbre physique dès janvier 2026 s’inscrit aussi dans une logique de transformation profonde, puisque l’achat et l’impression des timbres deviendront entièrement numériques chez La Poste, impactant les habitudes de tous les Français.
Qu’adviendrait-il des calendriers de jours fériés ?
Concrètement, cette initiative aboutirait probablement à la suppression d’un autre jour férié. Plusieurs hypothèses circulent quant au choix du jour concerné, mais aucune décision n’a encore été prise. Les employeurs pourraient également adapter selon des accords internes, mais dans tous les cas, le temps de repos annuel des salariés serait réduit.
Ce sacrifice supplémentaire permettrait de dégager quelques centaines de millions d’euros additionnels chaque année. Toutefois, son efficacité réelle sur la situation financière des ehpad fait toujours débat parmi experts et élus.
Quels sont les arguments en faveur ou contre cette proposition de loi ?
Soutenir urgemment les ehpad publics
Pour ses défenseurs, l’intérêt principal de la seconde journée de solidarité réside dans sa rapidité et son efficacité. Sans attendre une réforme globale, elle générerait immédiatement un apport financier supplémentaire. Ils estiment qu’il est difficile de se passer d’une telle contribution directe, tant le déficit budgétaire menace actuellement la pérennité de nombreuses structures.
Cette démarche s’inscrit dans le principe de solidarité intergénérationnelle : chacun accepte de renoncer à une part de congé pour préserver la qualité de vie et la dignité des aînés les plus vulnérables.
L’appel à des réformes de fond plus ambitieuses
D’autres voix critiquent vivement le recours systématique à la générosité des travailleurs. Comme le souligne la sénatrice Anne Souyris, la réflexion devrait porter sur l’organisation globale du secteur, avec une adaptation réelle de la tarification et des modes de gestion, plutôt que sur le seul ajout mécanique de journées travaillées.
On évoque souvent la nécessité de revaloriser les métiers d’aide à la personne, d’investir dans le numérique médical ou dans la formation continue, ainsi que d’impliquer davantage les familles dans l’accompagnement des résidents. Le monde associatif souhaite voir émerger une approche globale, dépassant la seule question de la suppression de jour férié.




