L’idée reçue veut que seules la vitesse ou l’imprudence soient sanctionnées sur les routes. Pourtant, il arrive aussi que rouler trop lentement attire l’attention des forces de l’ordre, surtout sur une route de montagne. C’est exactement ce qu’a vécu début 2022 Bernadette Bandelier, une retraitée suisse âgée de 65 ans, confrontée à une amende importante puis à une avalanche de frais après avoir contesté sa sanction pour excès de lenteur. Un épisode marquant, révélateur d’une facette méconnue du code de la route et de ses conséquences parfois inattendues.
Un excès de lenteur lourd de conséquences
Le col de Julier, souvent enneigé en hiver, impose déjà un certain niveau de prudence aux conducteurs, surtout lorsqu’ils transportent des animaux comme des chevaux. En février 2022, alors qu’elle conduisait avec ses deux chevaux dans la remorque, Bernadette a choisi de rouler entre 15 et 20 km/h afin de préserver leur confort. Les températures négatives, les routes sinueuses et les montagnes imposantes rendaient la situation complexe et exigeaient une vigilance accrue.
Loin d’être un acte délibérément irresponsable, cette conduite prudente avait pour but d’assurer la sécurité de ses équidés. Malgré son état de santé fragile dû à une maladie pulmonaire, Bernadette a tout de même été arrêtée par la police, suite à la dénonciation d’un autre automobiliste exaspéré par la lenteur du convoi, ce qui a provoqué un embouteillage inattendu sur ce col réputé difficile.
Sanction et réactions en chaîne après le contrôle
Après près de deux heures passées sous -6 °C en bord de route, le verdict tombe : elle reçoit une amende initiale de 300 francs suisses pour excès de lenteur. Cette somme est rapidement majorée en raison des frais administratifs et du refus de reconnaître la faute, atteignant 780 francs. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : encouragée par un ami, Bernadette décide de contester la sanction, pensant que celle-ci était infondée au vu des circonstances.
De nombreux débats existent aujourd’hui concernant les conditions particulières rencontrées par les personnes âgées sur la route et certains équipements désormais obligatoires pour les conducteurs seniors. À titre d’exemple, la question de la possession d’un objet spécifique en voiture fait l’objet de discussions autour des obligations des automobilistes de plus de 65 ans et des craintes liées à une perte d’autonomie ou à la stigmatisation.
Un trajet bouleversé par la procédure
Ce jour-là, le contrôle routier aura duré près de deux heures, une épreuve pour l’automobiliste de 65 ans et pour les chevaux enfermés dans la remorque. La température glaciale n’a fait qu’accentuer le sentiment d’injustice ressenti face à la rigueur de la procédure. Le planning de Bernadette s’est retrouvé complètement bouleversé, soulignant la complexité de certaines règles appliquées sans nuance.
Cette expérience met en lumière la difficulté pour certains usagers, notamment les personnes âgées ou fragilisées par des maladies, de faire valoir leurs spécificités face à la rigidité de la réglementation routière, même lorsque la prudence semble être la priorité.
Une contestation pleine d’espoirs… et de regrets
Convaincue de l’injustice de l’amende, Bernadette a tenté une contestation motivée par l’espoir d’obtenir gain de cause. Malheureusement, ni la prudence liée au transport des chevaux, ni ses explications liées à sa santé n’ont été prises en compte. Au contraire, chaque étape supplémentaire a alourdi la facture finale, la plongeant dans une spirale financière difficilement contrôlable.
D’autres règles entraînent également de la confusion chez les conducteurs et suscitent des rumeurs persistantes, comme c’est le cas récemment autour de l’utilisation du GPS lors de la conduite. Il est utile de rappeler que les réglementations sur le recours au GPS restent nuancées, malgré certaines croyances erronées.
Des solutions de paiement longue durée pour rembourser une amende importante ?
Pour éviter le surendettement, Bernadette Bandelier a opté pour une solution étalée : elle rembourse actuellement 50 francs par mois, soit environ 53 euros, ce qui l’engage sur quatre années de remboursement. Son revenu mensuel de 3 500 francs, déjà grevé par d’importants frais de santé, lui laisse peu de marge de manœuvre pour faire face à une telle dépense imprévue.
Son choix illustre une réalité rarement évoquée autour des sanctions routières : le coût réel peut devenir écrasant pour certains profils, en particulier lorsqu’une contestation échoue et que la dénonciation d’un autre conducteur précipite la sanction. La capacité à absorber financièrement ce type de coup dur devient alors centrale.
- Étalement du paiement sur plusieurs années : une solution qui préserve la stabilité budgétaire malgré la sanction.
- Versements mensuels réduits : ils évitent un prélèvement unique insurmontable, surtout avec des moyens limités.
- Remboursement long : un impact psychologique non négligeable, la sanction pesant sur le moral au quotidien.
- Fatigue administrative : chez les personnes âgées, la lassitude des démarches pèse autant que la charge financière directe.




