Squat : Après les résidences secondaires, les squatteurs s’attaquent désormais à cette cible et voici pourquoi

squat après les résidences secondaires, les squatteurs s’attaquent désormais à cette cible et voici pourquoi

Pendant longtemps, lorsqu’on évoquait le phénomène du squat, l’image qui venait immédiatement en tête était celle des résidences secondaires envahies durant l’absence estivale de leur propriétaire. Mais depuis 2025, la tendance s’est accélérée et a dévié vers un autre type de maisons : celles laissées vacantes en attente de succession. Ces biens, parfois abandonnés plusieurs mois sans surveillance officielle, deviennent une véritable aubaine pour les squatteurs.

Pourquoi les maisons en cours de succession attirent-elles désormais les squatteurs ?

Si les résidences secondaires restaient très populaires chez les intrus, le phénomène du squat se repositionne sur des logements vacants dont la surveillance est quasi inexistante. Les maisons familiales laissées sans occupants officiels, où chacun suppose que l’autre veille, offrent un terrain idéal à ceux cherchant à s’installer discrètement. Leur occupation illicite passe souvent inaperçue, surtout avec l’allongement des délais administratifs liés aux successions en France.

Dans certains cas, ce sont les proches eux-mêmes qui tirent la sonnette d’alarme, mais parfois, le signalement arrive bien trop tard. Plusieurs affaires récentes illustrent cette évolution, comme une ferme en Haute-Garonne squattée pendant deux ans ou une maison de maître à Stains occupée par plus de cent personnes et totalement dégradée. L’impact du squat sur ces demeures pleines de souvenirs familiaux va bien au-delà de la simple infraction immobilière, laissant des traces profondes.

Quelles régions sont les plus touchées et pourquoi ?

Même si le squat reste marginal en France – seulement 124 cas recensés officiellement en 2021 –, la répartition géographique met en évidence des zones rouges préoccupantes. Quatre régions concentrent à elles seules 80 % des situations : Île-de-France, Hauts-de-France, PACA et Occitanie. Derrière ces chiffres se cachent souvent des territoires urbains denses ou des villages ruraux marqués par l’abandon progressif de petites propriétés héritées.

Les villes périurbaines ne sont pas épargnées, beaucoup comptent encore de vieilles maisons familiales devenues vacantes, mais aussi des biens plus atypiques comme des forêts privées, terrains agricoles ou même des péniches arrimées à l’écart des regards. Certaines bandes organisées surveillent de près les périodes propices, notamment lors d’une succession conflictuelle ou lorsque les héritiers résident loin, rendant ainsi les logements vacants particulièrement vulnérables. Par ailleurs, parmi les problématiques liées à la transmission familiale, la rareté de certains biens attire autant que dans le domaine des prénoms, où des prénoms féminins extrêmement rares font également figure d’exception dans la société française.

Quels types de biens font office de nouvelles cibles pour les squatteurs ?

La diversification des cibles est flagrante. Si les traditionnelles villas balnéaires restent recherchées, on observe désormais un intérêt croissant pour les maisons en attente de succession, grandes bâtisses bourgeoises, fermes isolées et pavillons de banlieue, surtout lorsque leur état extérieur laisse présumer qu’elles ne sont plus habitées. Ce sont autant de nouvelles cibles pour les squatteurs. Il en est de même dans d’autres domaines où certains choix se distinguent par leur attrait aux yeux du public : il n’est pas rare de constater que, tout comme certains logements sont plus prisés, certains prénoms figurent parmi les préférés selon la science et connaissent ainsi une popularité exceptionnelle en France.

De nombreux biens originaux passent également dans le viseur, comme certaines piscines couvertes annexées, granges adossées à des forêts, terrains privés enclavés ou encore bateaux stationnés sur des rivières peu fréquentées. Cette extension du phénomène prouve que toute propriété temporairement inoccupée peut devenir la cible de squatteurs en quête d’anonymat et d’espace, y compris les jardins et dépendances.

Outre les maisons principales, les extérieurs ne sont plus épargnés. Un jardin négligé ou une piscine inutilisée peuvent rapidement attirer du monde, surtout en été. De plus, certaines dépendances comme abris à outils, garages ou ateliers se voient transformées en mini-logements dès que l’occasion se présente. La variété des profils complique encore la situation, allant de familles entières à des groupes informels recherchant simplement un toit.

Que ce soit pour survivre, se protéger ou vivre une aventure collective, beaucoup profitent de la confusion passagère autour d’un décès ou lors d’une indivision successorale pour investir ces biens vacants.

Comment la loi agit-elle face à l’essor du squat dans ces nouvelles cibles ?

Face à la montée de l’inquiétude et aux histoires de maisons ravagées par leurs occupants illégitimes, les pouvoirs publics ont renforcé l’appareil législatif. La loi Kasbarian-Bergé, adoptée en 2023, prévoit désormais jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende pour les squatteurs. En parallèle, la procédure d’expulsion a été accélérée grâce à des mesures spécifiques visant à soutenir les propriétaires légitimes.

Conséquence directe : les demandes d’éviction auprès des tribunaux auraient triplé récemment, signe d’une prise de conscience accrue chez les familles concernées et d’une volonté politique plus affirmée. Si ces dispositions ne règlent pas tous les problèmes (notamment l’accès rapide à la justice ou la restauration des lieux), elles constituent tout de même une étape importante contre la multiplication de telles infractions.

Quelles précautions pour limiter le risque de squat sur ces biens ?

Pour préserver les maisons en attente de succession, une action préventive reste essentielle. Dès le décès d’un proche ou avant même l’ouverture officielle de la succession, il convient de protéger efficacement la propriété : installation d’alarmes ou de caméras, vérification régulière des portes et fenêtres, sollicitation de la vigilance des voisins. Chaque détail compte pour éviter que la maison ou ses dépendances ne deviennent une proie facile.

Communiquer rapidement avec la mairie, la gendarmerie ou la police locale s’avère également judicieux, ne serait-ce que pour signaler la vacance du logement et bénéficier d’une surveillance accrue lors de patrouilles. Prévenir le notaire de tout incident ou tentative d’effraction simplifie ensuite toute démarche juridique future face à un squat avéré.

  • S’assurer que toutes les ouvertures soient verrouillées et activer, le cas échéant, les systèmes existants d’alarme.
  • Entretenir le terrain (pelouse, jardin, haies) pour donner une impression d’habitation régulière.
  • Penser à vider la boîte aux lettres et à maintenir l’électricité ou l’eau, pour simuler une présence active.
  • Informer même partiellement les autorités locales en amont d’une absence prolongée, y compris en période de vacances scolaires ou de fêtes familiales.
  • Démarrer au plus vite la vente ou location du bien, selon les volontés des héritiers, afin de réduire la durée d’exposition au risque.

En appliquant ces conseils, chacun limite significativement la probabilité de retrouver son bien envahi par des personnes non autorisées, alors que la procédure de succession suit souvent des délais incompressibles.

Bien sécuriser une propriété temporairement vacante exige donc une attention constante, surtout quand l’histoire familiale se conjugue à la complexité administrative du droit français contemporain. Ce nouveau visage du squat rappelle que toute forme de logement vacant — maison, annexe, terrain ou même bateau, en ville comme à la campagne — requiert désormais un minimum de préparation et d’anticipation pour éviter les mauvaises surprises.

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