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La maladie du « poumon de fermier »

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La maladie dite du Poumon de Fermier est la maladie d’hypersensibilité pulmonaire fréquente dans les milieux de production laitière, céréalière et de l’élevage de volailles, ainsi que dans tous les milieux agricoles présentant une forte présence de poussières. Egalement appelée « mycotoxicose pulmonaire », elle est due à une inhalation répétée de particules de moisissures provenant des fourrages ou de céréales humides.

Les pneumopathies d’hypersensibilité sont des maladies respiratoires dues à une réaction allergique des tissus du poumon à une inhalation répétée d’agents et substances organiques animales ou végétales. Elles sont comptées au nombre des maladies liées à l’activité professionnelle, mais restent toutefois peu connues des agriculteurs et de leur entourage, malgré leur forte exposition aux poussières et moisissures.

En France dans certaines régions d’élevage, cette maladie peut affecter jusqu’à 5% des agriculteurs, et en moyenne 1 à 2% chez les éleveurs laitiers selon la MSA. Le plus grand nombre de cas survient à la fin de l’hiver, lorsque la période d’affouragement des animaux se termine. A l’inverse, la prévalence de la maladie est la plus faible en automne, après une longue période où les bêtes sont dehors. Il faut également être vigilant à la suite de périodes prolongées de forte pluviométrie, surtout lors des moissons.

Les récoltes humides mises en réserve sont sujettes au phénomène d’échauffement spontané qui favorise le développement de petites bactéries. En séchant, elles produisent des fines poussières contenant ces spores et micro-organismes qui seront ingérés dans les poumons lors de la respiration. La présence de ces antigènes va provoquer une réaction allergique du système immunitaire et produire des anticorps pour lutter contre des microbes pour la plupart inoffensifs.

 

Symptômes

Les symptômes pré-annonciateurs peuvent être des toussements réguliers, sur plusieurs semaines consécutives, ou un essoufflement anormal en marchant vite ou après un effort léger. Les premières manifestations de la maladie du poumon de fermier se reconnaissent à un état « pseudo-grippal » parfois dès 4-8 heures suivant une exposition prolongée à la poussière de fourrage en fermentation. La personne infectée développe une fièvre avec frissons, petites toux répétées et gêne respiratoire. Ces troubles peuvent durer plusieurs semaines, et les symptômes sont parfois similaires à ceux d’une pneumonie. Il peut s’en suivre de la fatigue et essoufflement accompagnés d’une sensation de malaise et d’un amaigrissement.

L’évolution est généralement bénigne, mais si la maladie du poumon de fermier n’est pas traitée correctement, elle peut être une cause d’insuffisance respiratoire chronique pouvant entrainer des complications sévères.

Le meilleur des traitements consiste donc à éviter tout contact avec des moisissures végétales ou animales, dès l’apparition des premiers symptômes.

 

Mesures préventives

Il est essentiel de limiter la formation et le développement de poussières et de micro-organismes au sein de l’exploitation. Pour cela :

  • Lors de la récolte, il faut éviter les périodes trop précoces favorisant un taux d’humidité plus élevé. Il faut également prévenir l’inclusion de terres dans les fourrages (taupinières, matériel sale) favorisant les poussières.
  • Il faut veiller à une bonne ventilation et une bonne aération des stockages. Ce qui aura pour effet une réduction de l’exposition aux moisissures ;
  • Un fractionnement des stockages doit être réalisé dans la mesure du possible, et éviter un stockage du foin en extérieur.
  • Manutention et/ou distribution automatisées du foin et du fourrage.
  • Mouiller les poussières avant de balayer les bâtiments d’élevage.
  • Faire sécher les récoltes après la moisson, et les mesurer régulièrement à l’aide de sondes d’humidité.

Cette prévention technique et organisationnelle doit être complétée par l’emploi d’appareils de protection respiratoire anti-poussières homologués et bien ajustés. L’entretien des équipements de protection et de travail doit être rigoureux. On veillera à changer les filtres régulièrement et à les entreposer à l’abri de toute contamination.

 

Consultez rapidement

Dès l’apparition de signes suspects de maladie, il est important de se rapprocher de son médecin généraliste qui saura, le cas échéant, vous orienter vers un spécialiste, car il faudra sans doute procéder à un bilan pneumologique.

La MSA pourra également vous apporter une aide pour prévenir et identifier cette maladie, et vous accompagner dans vos démarches administratives (déclaration en tant que maladie professionnelle) et d’assistance financière.

 

Franklin Ewane



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