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Comment limiter les dommages suite à un sinistre matériel

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Les enjeux d’une opération de sauvetage des biens matériels endommagés. Suite à un événement du type incendie ou inondation,  des mesures doivent être prises pour prévenir une aggravation des dommages, s’ils ne sont pas rapidement traités.

 

Limiter les dommages suite à un sinistre matériel

 

En cas d’incendie, le sinistre ne s’arrête généralement pas aux dommages causés par les flammes.  Parfois, les dégâts causés par les fumées et les gaz peuvent être tout aussi importants, en cas de dépôt de suie par exemple, qui peut occasionner des dommages irréversibles aux équipements, si ceux-ci ne sont pas rapidement décontaminés.

 

De son côté, un dégât des eaux, parfois provoqué par les eaux d’extinction d’un incendie, provoque une prolifération de moisissures et de bactéries, la corrosion et l’apparition de mauvaises odeurs.

 

Les dommages consécutifs peuvent donc être de plusieurs types :

  • La contamination et la détérioration des biens :

Les incendies génèrent des fumées, des gaz et des dépôts de suie qui peuvent affecter les biens se trouvant à proximité de la zone directement touchée.  Touchés par l’eau, la suie ou autres poussières ces biens seront sujets à des pannes électriques et court-circuit mais aussi des surchauffes pouvant entrainer une usure anormale de l’équipement;

  •  Le développement de bactéries :

Les sinistres tels que les inondations, les dégâts des eaux, les rejets d’égouts et les opérations de sauvetage à l’eau sur un incendie peuvent entrainer une prolifération de boues, de bactéries, de moisissures ainsi que la décomposition de matières organiques.  L’humidité et surtout l’eau stagnante sont en effet propices à leur développement.  Des mauvaises odeurs pourront s’installer par la suite ;

  •  La corrosion des objets métalliques par l’eau :

Les métaux (ou alliages) peuvent interagir avec leur environnement climatique notamment lorsque celui-ci présente une forte humidité.  Il se produira un phénomène de corrosion, encore appelé oxydation, qui est une manifestation de l’action électrochimique de l’humidité et de l’oxygène à forte densité dans l’air, sur les matières métalliques. La corrosion devient exponentielle et disproportionnée lorsque le taux d’humidité est supérieur à 50% ;

  • La corrosion par des polluants et acides :

Un incendie produira des effets similaires.  Le phénomène de corrosion résultera cette fois de la présence de polluants atmosphériques du type des acides sulfuriques, acides nitriques et acides chlorhydrique à la suite d’un incendie, aussi minime soit-il.  La combustion de matières plastiques, de produits de synthèse et PCV libère des gaz et fumées chlorées qui en se combinant avec l’air formeront ces acides avec des propriétés corrosives très élevées.  L’étendue de la zone contaminée ira au-delà du point du sinistre.  Elle touchera toutes les parties du bâtiment où le nuage chloré se sera déposé.

 

Quand intervenir ?

Il faut procéder à une évaluation précise sur l’opportunité du sauvetage ou du remplacement du bien touché.

 

La décision peut dépendre de la valeur du bien à traiter.  Le coût du sauvetage ne doit en principe pas être supérieur à la valeur du bien à traiter. En principe car pour avoir une vision complète, il faut prendre en compte les délais de livraison, la disponibilité des pièces de rechange, et in fine l’incidence de la perte de l’équipement sur l’activité de production.

 

Quand la décision est prise, n’attendez pas pour mettre en place une opération de sauvetage.

 

La clé du succès d’une opération de sauvetage est la vitesse.  En contactant rapidement une société de décontamination,  les opérations comme l’évacuation des eaux d’extinction (en cas d’incendie), le séchage, la décontamination, la prévention de la corrosion peuvent rapidement débuter.

 

En quoi consistent les opérations de sauvetage ?

  • Déshumidification et séchage

Ce sont deux opérations complémentaires et successives qui vont prévenir la dégradation organique ou par corrosivité des matériaux entrés en contact avec un liquide ou de l’air humide.

On procèdera en premier lieu à une déshumidification de la pièce ou du matériel touché pour rétablir son état thermique et hygrométrique initial. L’intervention doit être rapide pour éviter un gonflement par les forces capillaires de l’eau mais aussi pour réduire l’impact financier.

Concrètement, il s’agira d’éliminer les excédents d’eaux et d’éviter que les équipements et produits restent en contact avec le sol mouillé en les surélevant ou les posant sur des matières synthétiques.

Après déshumidification, il faut procéder au séchage.  Pour beaucoup, la méthode thermique par élévation de température est perçue comme optimale.  Ce n’est pourtant pas le cas.  L’eau évaporée par ce procédé peut devenir excédentaire et causer par la suite d’autres désagréments.  On préférera donc un déshumidificateur à condensation qui sèche l’air en lui soustrayant des molécules d’eau.

  • Elimination des odeurs :

Les odeurs de brûlé et de moisi sont généralement tenaces et il faut bien plus qu’un simple lavage pour s’en débarrasser. Plus le temps s’écoule, plus les odeurs s’incrustent et un nettoyage très soigné risque fort d’être insuffisant pour les éliminer totalement.

La désodorisation consiste à disperser à l’aide d’appareils spécifiques, des fines brumes chargées d’agents chimiques qui vont combattre et neutraliser les particules odoriférantes. Le rôle de ces agents est de diminuer la concentration en particules d’odeurs désagréables et permettre l’oxydation de l’air sur la plupart des odeurs de matières en décomposition.

La désodorisation varie selon la nature du matériel, les circonstances du sinistre, et le temps imparti :

  • La désodorisation à sec à l’aide d’agents chimiques :

Elle est adaptée aux odeurs provenant de moisissures, qui ne peuvent être traitées par l’eau. Des brumisateurs spéciaux transforment le produit désodorisant en une nappe de fumée.  Les particules projetées par le nuage vont descendre lentement et nettoyer l’air.  Au contact du sol, elles vont former un film non-humidifiant qui va neutraliser et modifier la mauvaise odeur.

  • Une désodorisation humide pour des matériaux poreux :

Avec l’aide de brumisateurs, une brume humide nettoie l’air tout en pénétrant en profondeur les matériaux absorbants.

  • La désodorisation à l’ozone :

Pour certains cas, notamment les odeurs provenant des matières organiques, on peut utiliser une méthode de désodorisation grâce à l’ozone qui est l’un des plus puissants agents oxydant connus.  Le procédé consiste à transformer les particules d’oxygène (O2) en ozone à l’aide d’un arc électrique.  L’ozone qui est une molécule instable, élimine les odeurs en se liant aux particules odoriférantes, pour les transformer par oxydation.

  • Stop corrosion (traitement spécifique de certains équipements)

Le traitement de la corrosion consistera à empêcher la formation d’acides sur les équipements métalliques. Il faut donc mettre rapidement à l’abri les appareils électroniques et mécaniques mais surtout réduire l’humidité relative de l’air (à une valeur inférieur à 30%) pour limiter la progression de la corrosion.

 

Les actions contre la corrosion sont d’autant plus efficaces si elles sont très rapidement mises en place.   Elles doivent de ce fait passer en priorité dans toutes les parties abritant des équipements ou matériels sujets à corrosion.

  • Décontamination des équipements

La décontamination est un travail technique délicat qui nécessite le plus souvent un démontage, nettoyage, remontage, des séries de tests et l’application de divers produits chimiques.  Les professionnels de la décontamination procèdent généralement par :

- Une déshumidification rapide de l’équipement contaminé dans une salle de séchage ;

- Un nettoyage méticuleux des composantes par application de savons et détergents spéciaux sur les pièces démontées ;

- Des tests de l’appareil remonté pour s’assurer de sa parfaite remise en état de fonctionnement.

 

Quelle prise en charge par l’assurance ?

Vérifiez que votre contrat d’assurance de dommages aux biens (généralement votre « multirisque ») intègre ces coûts. 

Il est tout autant de l’intérêt de votre assureur de limiter le coût du sinistre, et les assureurs ont bien perçu les avantages d’une opération de sauvetage bien menée, destinée à empêcher l’aggravation des dégâts. En cas de sinistre, prenez la décision conjointement avec votre assureur, et faites-vous conseiller par lui.

Pour être économiques, ces opérations de sauvetage doivent avoir un coût inférieur à celui du remplacement des biens endommagés. Le plus souvent, lorsque vos équipements sont assurés en « vétusté déduite », une forte décote peut être réalisée sur le coût d’achat livré d’un nouvel équipement.  L’assuré a donc tout intérêt à récupérer son équipement sinistré en bon état de fonctionnement, car ainsi il ne subira pas de perte financière sur son remplacement à neuf, qui ne serait pas intégralement pris en charge dans l’indemnité d’assurance.

Si vous avez préparé un plan de continuité d’activité (PCA), pensez à y intégrer  les coordonnées d’une ou plusieurs sociétés de décontamination que vous aurez sélectionnées.  Vos interlocuteurs ayant été préalablement identifiés, vous pourrez plus facilement les contacter. Car vous l’avez compris, la vitesse d’intervention est la clé de réussite de toute opération de sauvetage…



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