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Australie : une chaine de supermarchés impose des caméras de surveillance pour garantir le bien-être des vaches

Elevage
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la tracabilité de la viande: au cœur des préoccupations

Un Big Brother pour animaux ?  L’Australie n’en est plus très loin.  

La première chaine de supermarchés du pays, Coles, a demandé à ses fournisseurs de s’équiper de caméras pour  « surveiller le bien-être des animaux », depuis leur naissance à la ferme jusqu’à l’abattoir. Selon la Directrice de la qualité chez Coles, la meilleure façon de proposer la plus haute qualité de viande aux consommateurs est de connaitre tous les détails de la « supply chain ».

 

A cette idée, les associations de défense des animaux, à l’image d’Animals Australia, ont montré leur enthousiasme, et salué ce premier pas vers un contrôle rigoureux des conditions d’élevage, ce qui mènerait à l’abolition de certaines pratiques inadaptées (manque d’hygiène et d’espace, stress, maltraitance…).

 

Du côté des producteurs, la nouvelle a été accueillie plutôt froidement, la Fédération Nationale des agriculteurs la jugeant même  « ridicule ». Cette décision a été perçue comme une marque de défiance et une remise en question des pratiques d’élevage, et représentera des coûts supplémentaires de matériel et d’installation. Les éleveurs  estiment également que placer des caméras nuirait à leur vie privée car, pour nombre d’entre eux, la ferme est également leur lieu d’habitation.    

 

Les éleveurs regrettent également l’abus d’autorité de Coles pour les forcer à adopter des mesures qui ne conviennent pas à tous et sans concertation. A ces arguments, Jackie Healing, la responsable qualité du super marché, rétorque que si les éleveurs n’ont rien à se reprocher, ils ne devraient pas s’inquiéter de ce dispositif. Elle ajoute également que le système de caméras est déjà en place en Grande Bretagne, chez les éleveurs d’agneaux qui fournissent la chaine Tesco (leader également outre-manche), et que personne ne s’en est offusqué.

 

Un autre éleveur fait remarquer que la décision de Coles est incohérente, si on la compare à d’autres aspects de la politique de qualité de la marque. En effet, de nombreux produits sont importés à bas coûts, notamment des plats préparés et des légumes congelés, pour lesquels Coles ne dispose d’aucune traçabilité.

 

Coles a décidé de placer la viande au cœur de sa stratégie marketing, c’est le point de soutien de sa croissance.  Le rayon boucherie est un enjeu considérable pour ce distributeur qui emploie 100 000 personnes, et dispose de 744 magasins dans ce pays de la taille d’un continent. La chaine aborde donc un point crucial de son image et de son développement.

 

Face au scandale qui menaçait de se propager chez les éleveurs, Coles a décidé de retirer son exigence. Dénonçant cette idée, un porte-parole de la chaine en a profité pour réaffirmer l’engagement de Coles envers une politique de transparence totale de la supply chain. La tendance au bio et l’envie du consommateur de savoir d’où provient ce qui se trouve dans son assiette a bien été entendue, et les supermarchés Coles ont promis de donner plus d’informations au consommateur et de lui offrir des produits de meilleure qualité. 

 

La campagne de communication auprès du grand public, naturellement toujours soucieux du bien-être des animaux, fut en tout cas un succès. 



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