Vous êtes ici

Le risque de change en agriculture

print printmail
Partager cet article :

De plus en plus d’exploitants agricoles, et parmi eux de nombreux viticulteurs, interviennent directement sur les marchés export, source de débouchés commerciaux. Ils se font souvent accompagner dans leurs démarches, cela est nécessaire car les risques sont nombreux, et le risque de change n’est pas le moindre.

Pour une exploitation agricole, l’enjeu est de rester compétitive à l’égard de la concurrence sur le marché international. Or, dans une opération de commerce à l’export, un intervenant, au moins, supporte un risque de change. C’est-à-dire le risque de payer un montant supérieur à ce qu’il avait prévu dans le cas de l’importateur ou de ne pas recevoir le paiement escompté dans le cas de l’exportateur.

Pour le vendeur d’un produit agricole, le risque de change provient donc de l’incertitude de l’écart, variable dans le temps, entre monnaie de compte (utilisée pour le calcul du « prix de revient ») et monnaie de facturation ou de règlement.

Prenons l’exemple d’un viticulteur indépendant qui exporte aux Etats-Unis un container de bouteilles payables en dollars, avec une échéance de 3 mois. Il est probable que d’ici là, les cours des monnaies auront été modifiés ; une hausse du dollar lui serait favorable, une baisse le pénaliserait.

 

Estimer le risque de change sur des produits agricoles

Sur le long terme, les évolutions de change reflètent à peu près le différentiel d’inflation entre deux économies. Mais à court terme, Les variations de cours sont parfois très fortes et brusques, et difficilement prévisibles. Les variations de cours peuvent provenir d’un changement de cap dans la politique d’un pays, suite à des élections par exemple, de politique différenciée de taux d’intérêts, voire à court terme de pure spéculation boursière. 

De ce fait, chaque partie essaye de faire peser le risque de change sur son co-contractant, et d’imposer sa propre devise comme monnaie de compte.

Pour se prémunir, la règle est donc de vendre en euros. Toutefois, le client ou les autorités de son pays peuvent exiger de régler tout ou partie avec leur devise nationale.

Si une exploitation agricole souhaite pénétrer un marché export et que son produit ne peut être vendu au-delà d'un certain prix, elle ne pourra vendre si le cours due la monnaie locale passe en dessous d'une certaine limite à coût de revient identique. Il est donc important de connaître avec précision le niveau de parité au-delà duquel la compétitivité de l’exploitation est menacée, ce qui exige de connaître le seuil de rentabilité des exportations. La stratégie commerciale en dépend.

 

Neutraliser le risque de change

Sans couverture, ce risque peut être extrêmement préjudiciable, car des événements extérieurs et imprévisibles peuvent affecter sévèrement les résultats d’une opération commerciale.

On peut se protéger à l’aide d’une clause d’indexation de change. Une parité est fixée au départ et chaque variation du taux de change qui dépasse un seuil préétabli (en pourcentage) par rapport à la parité initiale donnera lieu à une diminution ou à une majoration automatique des prix dans la même proportion. La devise est donc celle de l’acheteur mais c’est lui qui supporte la plus grande partie du risque de change.

Pour des opérations importantes, on peut se tourner vers sa banque, et lui vendre à terme à un cours de change négocié à l’avance. La banque centralise les positions en devise de ses clients, qui parfois s’annulent, et se tourne ensuite vers les marchés financiers pour couvrir son risque résiduel.

 

Des solutions de couverture d’assurance existent, mais il faut savoir qu’à long terme, une couverture complète n’est pas envisageable. Le cours réel finit toujours par vous rattraper.

La COFACE propose, moyennant une prime, de rembourser la perte de change quand une marge de fluctuation a été atteinte ou sur la base d’un cours plancher.  Ces primes peuvent dans certains cas être financées dans le cadre des aides à l’export ( FRANCE AGRIMER …).

 

D’autres organismes financiers proposent des solutions. Les différentes procédures proposées pour gérer le risque de change se résument à une alternative simple : fixer un cours ou protéger un cours limite. En dehors de méthodes classiques de couverture, les options ne figent pas un cours définitivement mais elles permettent de protéger le cours limite que l’exploitation agricole a choisi et non celui imposé par le marché.

Un risque associé est la dévaluation de la monnaie d’un pays sur lequel on est déjà implanté par le biais d’un réseau de distribution. D’un seul coup tous les produits importés subissent une perte compétitive en faveur des produits nationaux. Les consommateurs de ce pays se tourneront vers leur marché domestique. Par prudence, on ne peut donc qu’inciter à la diversification des débouchés commerciaux.



Liens :
Les ventes de vin en primeur : un partage des risques entre viticulteurs et négociants
Entreposage de céréales : risque d’explosion (ATEX)
Les marques collectives régionales, une protection de l’identité
Accident nucléaire : quelles conséquences pour l’agriculture française ?

Tous vos EPI: masque phyto, gants... sur notre boutique !

Agrisur Boutique EPIAgrisur Bourique EPI

Quelques entreprises partenaires

;      Centre d'observation catastrophes naturelles

suivez-nous :      facebook                           Twitter

Abonner-vous : Flux RSS