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Limiter l'érosion des sols

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L’érosion des sols pose un vrai problème pour les agriculteurs : outre le creusement de ravines et l'affaissement du terrain, elle provoque également la disparition des éléments fertiles contenus dans les sols, la dégradation de la qualité des eaux et le déplacement de sédiments qui forment les coulées boueuses. Si certaines préconisations sont parfois évidentes, on ne sait pas toujours comment procéder pour les mettre en pratique.  Nous vous donnons quelques conseils répartis en deux catégories complémentaires : les aménagements agronomiques et les aménagements hydrauliques.

 

érosion sol risque agricole

 

Un plan de lutte raisonné contre l'érosion des sols

 

Des organismes professionnels, comme les Chambres d'Agriculture, peuvent vous conseiller sur les démarches à suivre pour mettre en place un programme de lutte contre l'érosion.  Il faut également se concerter entre professionnels, rechercher les causes spécifiques aux parcelles et choisir des solutions, afin de prendre des décisions concernant les meilleurs assolements.  Ce dispositif nécessite l'intervention de nombreux partenaires (agriculteurs, ingénieurs, élus, techniciens, chercheurs...).

 

Dans les parcelles agricoles, les solutions sont à mettre en œuvre par les agriculteurs eux-mêmes, conseillés par les organismes professionnels (chambre d’agriculture...).

 

Hors des parcelles agricoles, elles relèvent d’une gestion collective, mise en œuvre avec l’aide des directions départementales de l’agriculture et de la forêt, s’il s’agit du domaine rural, et des directions départementales de l’équipement, s’il s’agit de protéger le domaine urbain. 

   

Les moyens de lutte doivent se situer dans deux zones bien distinctes : 
- une zone émettrice de ruissellement, 
- une zone sensible accumulant les précipitations.

 

Les mesures agronomiques

 

·      Dans les terrains en pente, travailler la terre perpendiculairement à la pente peut se révéler bénéfique comme le montre l'illustration.  Les lignes perpendiculaires forment des sortes de petits barrages, qui diminuent l'intensité du ruissellement et retardent son apparition, alors que les lignes parallèles ne retiennent rien et laissent couler l'eau comme des gouttières.  Attention néanmoins, sur une pente forte il peut être difficile de manier les engins et outils.

 

·       Travailler le sol le plus tôt possible après la récolte, afin de redonner au sol sa capacité d'infiltration.  Dans le cas de champs où des traces de roues sont laissées, il faut agir le plus tôt possible, car le poids de l'engin tasse le sol et limite ainsi sa capacité d'infiltration, augmentant le ruissellement.  Pour éviter ce tassement, il existe plusieurs solutions : on peut utiliser une sous-soleuse, qui retardera l'apparition du ruissellement ; jouer sur la pression du gonflement des pneus ; utiliser des équipements spéciaux tels que les roues cages ou roues jumelées, qui provoqueront un tassement moins intense mais plus étalé.

 

·       Travailler le sol de façon à ce qu'il reste « rugueux » ou « motteux » : de cette façon, le travail pour former les lits de semence pourra être grossier, cela ne posera pas de problème au niveau agronomique et permettra de limiter le ruissellement.  En revanche, si un temps sec est prévu après les semis, on pourra affiner la ligne de semis.

 

·       On peut remplacer le labour par d’autres méthodes : cela limite l'impact de la pluie sur les sols et diminue les ruissellements.

 

·      Le paillis (ou paillage) répandu sur le sol provoque l'effet de mulch et constitue une couche protectrice.  Si cette technique rend difficile le contrôle des repousses et des adventices et ne favorise pas la décomposition des résidus, elle a néanmoins de nombreux effets bénéfiques, comme la diminution de « l'effet splash » (le fait que l'impact de la goutte d'eau abime le sol sur lequel elles tombe), la régulation de la température du sol, le ralentissement de l'évaporation de l'eau, le maintien du sol meuble, l'enrichissement du sol en matières organiques et nutriments, l'augmentation de la résistance du sol, qui reste plus compact.  Mais attention : si cette méthode est efficace dans le fond des vallées, elle peut être dommageable sur les plateaux en favorisant le ruissellement à cause de sa faible capacité d'infiltration.

Ce paillage peut être naturel (garder les résidus végétaux en surface en supprimant le déchaumage) ou artificiel (répandre des pailles de blé broyées).

 

·       Cultiver des cultures intermédiaires.  Plantées après les cultures principales, elles permettent de retenir les nitrates et de protéger le sol au lieu de le laisser dénudé.  Ces plantations peuvent prendre deux aspects :

 

-       Culture de céréale destinée à être vendue ou autoconsommée

-       Engrais verts (comme la moutarde ou le gazon ) destinés à être enterrés afin d'améliorer les propriétés physiques du sol et d'étouffer facilement les mauvaises herbes. Ils limitent également le drainage de l'azote pendant l'hiver, facilitent le travail du sol, et améliorent les rendements de la culture suivante

 

·       Le choix entre les deux techniques se fera en fonction des cultures précédentes, des caractéristiques climatiques et de la concurrence avec les autres activités (récoltes, ramassage des pailles).

 

·       Vous pouvez utiliser des amendements calcaires ou humifères si leur teneur en matière organique et en calcium est faible : cela aura pour effet d'améliorer la résistance des sols et d'augmenter la capacité d'infiltration.

 

·       La résistance du sol peut également être augmentée par la rotation des cultures.

 

Comme il a été dit plus haut, la concertation entre agriculteurs est très importante, notamment pour l'organisation des parcelles : l'alternance entre des parcelles très diverses permet de réduire considérablement l'érosion, car la présence de cultures où l'eau peut s'infiltrer facilement réduira les dégâts dans les parcelles plus soumises au ruissellement.  Ainsi, vous pourrez choisir vos assolements en fonction des caractéristiques de vos parcelles.

 

·       Essayer de consolider les zones de concentration du ruissellement pour limiter l'apparition des incisions.  Pour cela, il faut tasser les talwegs (ou les zones de creux) : après avoir semé, il faut repasser deux fois avec le tracteur dans le fond du vallon.

risque érosion sol - dégats agricoles

Les mesures hydrauliques

 

Certains éléments du paysage assurent le stockage de l'eau comme les mares ou les talus. S'ils n'existent pas à l’origine, on peut les créer, par exemple :

 

-       les mares et les retenues collinaires (le financement est quelques fois assuré par les collectivités locales, de moins en moins malheureusement, malgré tous les effets bénéfiques que cela procure) qui retiennent l'eau et ses sédiments et permette un usage ultérieur de l'eau récoltée.

 

-       les talus, qui freinent l'écoulement de l'eau et lui permettent de s'infiltrer.

 

-       les haies, qui favorisent l'infiltration grâce à leurs racines et stoppent le vent (attention néanmoins, si le talus est bordé de fossés, il ne sera que peu efficace.

 

-       les chemins ou routes en travers de la pente, qui créent des zones de stagnation d'eau.

 

Si les éléments naturels ne sont pas suffisants, vous pouvez créer des plis de 10 à 60 cm de hauteur, qui formeront des obstacles diminuant les longueurs du ruissellement. 

Les diguettes en matériaux rapportés (différents de ceux du sol, donc moins facilement destructibles) peuvent également être efficaces.  Ces diguettes peuvent également être composées de ballots de paille attachés au sol à renouveler tous les ans.

 

Pour éviter l'érosion des sols, on peut organiser l'écoulement des eaux, grâce à trois types d'ouvrages :

 

o   Les bandes enherbées, tracées dans l'axe du talweg et mesurant environ 30 cm, acheminent l'eau en évitant l'incision.  Les lignes de travail du sol et les traces de roue doivent diriger le ruissellement jusqu’à la bande.  Leur plantation s'effectue de mars à juin.  Lors des opérations culturales, il faut lever les outils de manière à ne pas les atteindre, et travailler la terre perpendiculairement à l'axe de la bande.

 

o   Les fossés, qui auront pour rôle d'acheminer l'eau, il faut donc les protéger, par des bandes enherbées ou un enrochement par exemple.  Il faut également les entretenir, en les curant autant de fois qu'il est nécessaire (hors des périodes de grands ruissellements).  Veillez à ce que les débits évacués soient  compatibles avec ceux que peuvent supporter les réseaux de collecte des eaux pluviales en aval (si ce n'est pas le cas, cela ne ferait que déplacer le problème en aval).

 

o   Les drains, qui sont des alternatives aux fossés car ils ne constituent pas des obstacles infranchissables.  Tous les 50 m, il faut combler le drain avec des matériaux filtrants comme des pierres concassées ou des graviers.

 

 



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