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Trop de travail, ce n’est pas la santé

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Risques cardio-vasculaires

Une étude britannique publiée sur le site Annals of Internal Medicine, montre une nouvelle fois que travailler trop affecte la santé, provoquant notamment une augmentation des risques cardio-vasculaires, au même titre, et parfois dans des proportions similaires, que les fumeurs, les personnes ayant une forte pression artérielle ou du cholestérol.

Travailler plus de 8 heures par jour augmente le risque de maladie cardio vasculaire de 40 à 80%, tandis que les personnes travaillant 11 heures par jour ont 67% plus de (mal)chance de développer une insuffisance coronarienne face à ceux qui travaillent 8 heures par jour. Selon le Dr Marianna Virtanen, cela pourrait être dû à une exposition prolongée au stress. On peut également citer le manque de temps en dehors de travail, qui entraine de mauvaises habitudes alimentaires et l’absence d’exercice physique.

Des dommages sur le cerveau sont aussi mentionnés et plus particulièrement pour les travailleurs âgés : un senior travaillant 55 heures par semaine aura souvent une activité cérébrale moindre, des scores plus faibles aux tests de mesure d’intelligence ainsi qu’une mémoire à plus court terme par rapport à une personne travaillant 40 heures par semaine.

Les auteurs de l’étude préconisent donc que les personnes travaillant de longues heures soient particulièrement vigilantes quant à leur alimentation, leur activité physique, leur tension artérielle, leur cholestérol et leur diabète.

« La santé est le trésor le plus précieux et le plus facile à perdre. C'est cependant le plus mal gardé. »  A nous de faire mentir l’auteur de cette maxime, Chauvot de Beauchêne.

 

Plus d’accidents

Outre la santé, le surmenage favorise également les accidents et de ce fait, affecte la productivité, car les accidents entraînent souvent des congés maladie.

Un travailleur ne peut pas être aussi efficace et en sécurité après de longues heures d’efforts. Au contraire, c’est durant ces périodes que les taux d’accidents grimpent. Il est évident qu’avec la fatigue, la capacité de concentration baisse, en même temps que le jugement et l’appréciation du risque. Pareillement, en fin d’une longue journée de travail, le risque de dépression s’accroit.

La fatigue a depuis longtemps été reconnue comme un facteur d’accidents chez les conducteurs, sur la route comme à la ferme. C'est la deuxième cause des accidents mortels, juste derrière la vitesse excessive.

Lorsqu’une personne perçoit des symptômes de fatigue alors qu’elle conduit, elle est en danger de provoquer un accident, dû à son manque de concentration et de réactivité. 

 

Et pour les agriculteurs ?

Le travail intensif est souvent indissociable de la vie d’une exploitation agricole. Certaines périodes de l’année comme les moissons, les vendanges, le vêlage ou l’agnelage, font partie intégrante de la vie d’une exploitation.

Le problème, commun à de nombreuses exploitations, concerne la charge de travail régulière, en augmentation continue depuis une décennie. La mécanisation croissante incite les exploitants à s’équiper toujours plus, quitte à répartir la charge de travail qui ne peut être réalisée par une nouvelle machine, entre les employés. Un départ à la retraite n’est pas toujours remplacé ; là encore, on se répartit les tâches.

Que pouvons-nous faire ?  Tout d’abord, surveiller les heures de travail exécutées par les employés, a minima en respectant la règlementation du travail. S’il apparait que des personnes ont travaillé à plusieurs reprises tous les jours de la semaine, ou de très longues heures, des périodes de repos appropriées doivent être aménagées pour permettre une bonne récupération.

La même vigilance doit être opérée pour les travailleurs payés à la tâche (par exemple les prix-faiteurs en viticulture), ayant la maîtrise de leur temps de travail, et qui peuvent en abuser à certaines périodes intensives, ou pour compenser des périodes moins actives.

Pour atténuer la charge de travail, les solutions varient d’une exploitation à l’autre, mais peuvent inclure :

  • le travail en équipe, pour un meilleur contrôle du temps collectif ;
  • un système d’agriculture plus extensif, généralement moins exigeant en travail (intensif) ;
  • l’utilisation de variétés végétales parvenant plus rapidement à maturité, permettant de dégager du temps pour d’autres activités ;
  • la mécanisation de certaines opérations, comme l’arrosage ou la distribution de nourriture aux animaux.

Vous voulez une mesure qui ne coûte rien ?  Restez toujours à l’écoute de vos employés et permettez-leur de se reposer s’ils travaillent au-dessus de leurs forces. Si vous avez un collègue qui est visiblement exténué, signalez-le à votre hiérarchie.

Certaines mesures sont plus onéreuses que d’autres, mais il faut les mettre en rapport avec les effets dévastateurs des accidents causés par la fatigue et le surmenage, et avec la qualité de vie indispensable à une bonne longévité, ce à quoi nous devrions tous aspirer.

 

Le site Annals of Internal Medicine : http://annals.org/



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